Chronique du jardin sans pétrole - Il pleut, c’est la fête aux limaces

Durée de lecture : 2 minutes

2 mai 2015 / Christine Laurent (Reporterre)

Il pleut, il pleut bergère... Les semis sont plantés, la pluie fera le reste. Contre les limaces aux aguets, prêtes à dévorer les jeunes pousses, un combat titanesque s’engage à coups de coquilles d’oeufs.


Week-end chargé et venteux, le jardin nous attendra ! Nous avons déjà fait des semis en nombre : chou, betterave, mesclun (mélange de salade), cresson alénois, carotte, fève, pois… La pluie fera le reste, si les coquilles d’œuf patiemment répandues autour des lignes de semis et autour des plants parviennent à maintenir les limaces à distance. J’ai constaté qu’elles préfèrent les feuilles des pois et des choux plutôt que la mâche et l’oseille. Elles ont leurs préférences alimentaires.

Celles qui vivent dans notre jardin sont des limaces grises (Deroceras reticulatum). On ne voit souvent que leurs dégâts sur les jeunes pousses, mais de temps en temps en soulevant un carton ou en creusant un peu dans la terre, nous les surprenons dans leur molle attitude, attendant la nuit pour gueuletonner tout à leur aise. Elles ne sont pas les bienvenues, car leur passage ne passe pas inaperçu. Au printemps et en automne, chaque limace sème dans le jardin 300 œufs par petits tas de 20…

Pourtant, elles jouent un rôle de premier plan dans la dégradation de la matière organique en consommant aussi les résidus végétaux, les petits animaux morts et des excréments. Elles ont également, de par leur activité digestive, un grand intérêt dans la minéralisation de l’humus et la fabrication du fameux complexe argilo-humique si nécessaire au développement des plantes. Avec le taux d’humidité de l’air et notre absence, les limaces sont à la fête cette semaine !

La cardère à foulon

Les graines de l’amitié

Je suis invitée à déjeuner aux Étoiles, l’immeuble de Jean Renaudie, à Ivry, où mon amie Nelly prend soin des semis de tomates. Il est temps de choisir les plus belles plantules et de les isoler dans un pot avec suffisamment de terre pour assurer leur croissance jusqu’à ce que les saints de glace, dont les jours sont le 11 mai pour Saint Mamert, le 12 mai pour Saint Pancrace et le 13 mai pour Saint Servais, soient passés. Après cette date, nous pourrons tranquillement les installer dans le jardin sans risque de gel.

C’est une journée de retrouvailles, dédiée à l’amitié et aux graines. Celles des ipomées bleues originaires d’Amérique du sud et des cardères cultivées autrefois pour gratter les étoffes de laine. La cardère des foulons a bien failli disparaître avec la fermeture des usines de laine mais grâce à la revue La Hulotte qui distribue des graines, elle se relève dans les jardins des particuliers pour le plaisir des yeux. Sa fleur a en effet un graphisme étonnant.


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Source : Christine Laurent pour Reporterre

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