Depuis trente ans, l’Etat use de plus en plus d’armes « non létales »

Durée de lecture : 1 minute

10 juin 2020 / Paul Rocher



Dans « Gazer, mutiler, soumettre », Paul Rocher montre que le recours massif aux armes non létales est la marque d’un étatisme autoritaire de plus en plus intolérant à toute contestation.

  • Présentation du livre par son éditeur :

Nuages lacrymogènes, grenades de désencerclement, LBD 40… Des Zad aux campus, des quartiers populaires aux cortèges syndicaux, manifester en France expose aujourd’hui à la violence des armes non létales. Les forces de l’ordre dégainent à la moindre occasion et la liste des blessés et mutilés s’allonge de mois en mois. Que signale cette escalade ?

Face à ce qu’il perçoit comme une crise du maintien de l’ordre, l’État attise la brutalité de sa police en la dotant d’un arsenal militaire toujours plus puissant et fourni – au grand bonheur des marchands d’armes. Démontant la rhétorique humanitaire de ses défenseurs, Paul Rocher montre que le recours massif aux armes non létales est la marque d’un étatisme autoritaire de plus en plus intolérant à toute contestation dans une période de recul social majeur. Conçues comme des armes « défensives », elles forment dans la pratique l’artillerie de l’offensive néolibérale en cours, rappelant, à quiconque entreprend d’y résister, la nécessité de l’autodéfense populaire.

  • Paul Rocher est économiste et diplômé en science politique de Sciences-Po Paris.
  • Gazer, mutiler, soumettre — Politique de l’arme non létale, de Pierre Rocher, aux éditions La Fabrique, juin 2020, 200 p., 13 euros.




Lire aussi : Marche des mutilés : « Le LBD40 est devenu une arme de terreur politique »
21 septembre 2020
Amish ou pas, la lutte contre la 5G s’organise au niveau national
Reportage
21 septembre 2020
Carola Rackete : « Il ne s’agit plus d’être optimiste ou pessimiste mais de s’engager »
Entretien
19 septembre 2020
Le cri des pauvres, le cri de la Terre, reconnaître l’altérité : une lecture chrétienne
Tribune