49 %
Objectif 30 000 €

Ils se font de l’argent en nous empêchant de dormir

19 février 2016 / Jonathan Crary



Aux États-Unis, la recherche militaire s’intéresse de très près à un certain oiseau migrateur, le bruant à gorge blanche. Sa particularité : pouvoir voler plusieurs jours d’affilée sans dormir. Les scientifiques qui l’étudient rêvent de façonner, demain, des soldats insomniaques, mais aussi, après-demain, des travailleurs et des consommateurs sans sommeil.

« Open 24/7 » – 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 – tel est le mot d’ordre du capitalisme contemporain. C’est l’idéal d’une vie sans pause, active à toute heure du jour et de la nuit, dans une sorte d’état d’insomnie globale. Cet essai expose ce processus de grignotage du temps : où l’on apprend qu’un adulte états-unien dort aujourd’hui 6 heures et demie par nuit en moyenne, contre 8 heures pour la génération précédente, et 10 heures au début du XXe siècle.

Si personne ne peut réellement travailler, consommer, jouer, bloguer ou chater en continu 24 heures sur 24, aucun moment de la vie n’est plus désormais exempt de telles sollicitations. Cet état continuel de frénésie connectée érode la trame de la vie quotidienne et, avec elle, les conditions de l’action politique.

Dans cet essai brillant et accessible, Jonathan Crary combine références philosophiques, analyses de films ou d’œuvres d’art, pour faire un éloge paradoxal du sommeil et du rêve, subversifs dans leurs capacités d’arrachement à un présent englué dans des routines accélérées.


- 24/7. 24/24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 : le capitalisme à l’assaut du sommeil de Jonathan Crary, éditions La Découverte, 180 p., 15 euros.

- Source : éditions La Découverte




Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre.

Lire aussi : Le capitalisme mobilise les « instincts animaux » de l’homme
THEMATIQUE    Quotidien
21 novembre 2016
Trump désigne un climatosceptique, Myron Ebell, comme ministre de l’Environnement
Info
7 décembre 2016
BD : La sale vie de Kim Kardashian - ou les riches et la planète
Info
8 décembre 2016
Danakil : « Nuit debout n’existe peut-être plus, mais ses causes et le mal-être subsistent »
Entretien


Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre

Sur les mêmes thèmes       Quotidien