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Climat

Une vague de chaleur anormale va toucher la France : « On ne devrait pas s’en réjouir »

Un ouvrier se désaltérant lors d'une forte vague de chaleur, en 2025 (illustration).

Après quelques jours relativement frais, des températures anormalement élevées vont toucher la France du 22 au 26 mai. Une conséquence du changement climatique, qui pourrait entraîner de nouveaux records printaniers.

Jusqu’à 35 °C dans le Sud-Ouest : après le weekend de l’Ascension le plus frais depuis 2010, l’ambiance va devenir estivale. « Un retour de l’été aussi tôt en mai, ça n’a rien de normal », rappelle d’emblée Davide Faranda, climatologue au Centre national de la recherche scientifique.

Les températures vont gagner parfois entre 10 et 15 °C en quelques jours. « Des pointes à 30 °C sont attendues entre l’est de la Bretagne, les Pays de la Loire, le Limousin et le Poitou-Charentes, un niveau tout à fait remarquable aussi tôt dans la saison préestivale », détaille Météo-France. Dans le Sud-Ouest, notamment en Aquitaine, le seuil des très fortes chaleurs — maximales à plus de 35 °C — pourrait être dépassé.

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En cause : « Une masse d’air doux qui remonte depuis l’Espagne et l’installation au-dessus de la France de zones de hautes pressions, qui nous protègent des perturbations », analyse Christelle Robert, prévisionniste à Météo-France. Grosso modo, l’atmosphère n’étant pas homogène, l’air y est plus ou moins dense selon les endroits. Dans les zones plus pressurisées — ce qu’on appelle un anticyclone — l’air est comprimé, donc plus chaud.

Si le phénomène météorologique à l’origine de ce redoux paraît tout à fait normal, les températures prévues devraient être exceptionnelles, souligne Christelle Robert : « On pourrait connaître la journée de mai la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle de la France. » Les journées les plus chaudes jamais enregistrées en mai sont jusqu’à présent le 28 mai 2017, avec 22,9 °C et le 27 mai 2005, avec 22,4 °C.

« Il n’y a aucun doute sur le lien avec le changement climatique »

La faute au chaos climatique, conviennent les experts interrogés. « Il n’y a aucun doute sur le lien avec le changement climatique », confirme Davide Faranda. Pour Christelle Robert, « ces conditions météorologiques classiques qui, avant, produisaient un temps printanier, engendrent désormais des températures record ».

Autre effet palpable du dérèglement, ces grands écarts de thermomètre en quelques jours à peine : « Le changement climatique augmente la variabilité du climat », explique le chercheur. Autrement dit, passer de la grêle à la torpeur devrait devenir de plus en plus fréquent.

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Il ne s’agit donc pas d’un retour de l’été, qui survient normalement au mois de juin, mais plutôt d’une survenue (trop) précoce de la chaleur. « Les humains ont la mémoire courte, dit le climatologue. Car autant le froid qu’on a eu la semaine dernière était fréquent il y a quelques décennies, autant la chaleur qu’on va connaître n’a rien d’habituel, et on ne devrait pas s’en réjouir. »

Le pic de chaleur est attendu pour la fin du weekend ou le début de semaine prochaine, avant une possible baisse des maximales mercredi 27 mai prochain.

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