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Climat

Incendies et sécheresses records : les craintes d’une « année sans précédent » se renforcent

À Budel, aux Pays-Bas, sur un terrain d'entraînement militaire en mai 2026.

Les incendies extrêmes ont doublé ces vingt dernières années à cause du dérèglement climatique, alerte l’ONU. « Nous pourrions nous diriger vers une année sans précédent. »

Plus de 150 millions d’hectares sont partis en fumée à travers le monde depuis début 2026. C’est deux fois plus que la moyenne observée ces dernières années sur la même période. Ce funeste record a été révélé le 12 mai par l’Organisation des Nations unies (ONU), qui pointe qu’il « s’inscrit dans un contexte global de records climatiques » : les températures des océans atteignent des sommets historiques, la banquise arctique des niveaux exceptionnellement bas et les vagues de chaleur comme les épisodes de sécheresse se multiplient… Ils risquent de s’aggraver avec le très probable retour du phénomène climatique El Niño, qui pourrait être intensifié par le dérèglement climatique.

« Nous pourrions nous diriger vers une année sans précédent marquée par des incendies mondiaux et des événements météorologiques records », note l’ONU, qui exhorte les États à « réduire drastiquement [leur] consommation de combustibles fossiles et [à atteindre] la neutralité carbone ».

En France, 26 887 hectares sont déjà partis en cendres entre le 1er janvier et le 6 mai 2026 selon les données du Global Wildfire Information System. Aux États-Unis, des incendies d’une ampleur historique ont ravagé le Nebraska, la Floride et la Géorgie. Plus de 291 000 personnes ont été touchées par les feux qui ont ravagé la Chine. Le constat de l’ONU est clair : les feux de forêt extrêmes ont plus que doublé au cours des vingt dernières années et devraient continuer à s’intensifier en raison du changement climatique.

« Il ravage une proportion stupéfiante de territoires nationaux »

« Ces chiffres sont une preuve encore plus flagrante que le réchauffement climatique — alimenté par la pollution due au charbon, au pétrole et au gaz — ravage une proportion stupéfiante de territoires nationaux », pointe Simon Stiell, le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.

Ce phénomène augmente également le risque d’incendie en ville. Pour chaque augmentation de 1 °C de la température de l’air, la fréquence des incendies d’un véhicule et des feux en plein air y augmentera respectivement d’environ 2,5 et 4,7 %. D’ici 2100, ces fréquences pourraient monter à 11 et 22 %.

339 000 personnes tuées chaque année

Ces feux constituent une menace pour la santé humaine. Si les incendies tuent directement les personnes, les fumées polluent l’air et entraînent des effets néfastes pour la santé.

En 2019, les feux de forêt australiens ont tué 33 personnes, mais leurs fumées ont causé 417 décès, 1 124 hospitalisations pour des problèmes cardiovasculaires, 2 027 pour des problèmes respiratoires et 1 305 consultations aux urgences pour de l’asthme. À l’échelle mondiale, l’exposition à la fumée des feux de végétation causerait 339 000 décès par an.

« Dans le service des urgences [canadiennes] où je travaille, je vois des enfants en détresse respiratoire à cause d’exacerbation de l’asthme et des personnes âgées dont les maladies cardiaques s’aggravent lorsque l’air devient irrespirable », témoigne pour l’ONU le docteur Courtney Howard, présidente de l’Alliance mondiale pour le climat et la santé. Elle-même a dû être évacuée de son hôpital à cause des incendies touchant le Canada en 2023.

Lire aussi : Feux de forêt : les hôpitaux face à une urgence inédite

Ces fumées exercent une immense pression sur le système de santé. Au Canada, l’exposition à la pollution atmosphérique due aux feux de forêt coûterait chaque année entre 550 millions et 52 milliards de dollars. Au Brésil, le traitement des personnes souffrant de maladies respiratoires causées par les incendies de l’Amazonie serait de 1,7 million de dollars par an.

« Les coûts de cette explosion des feux de forêt liés au climat pèsent lourdement sur les budgets nationaux, signale Simon Stiell. Mais les solutions sont claires : accélérer la transition vers les énergies propres et moderniser les réseaux électriques, et développer les systèmes d’alerte précoce qui sauvent des vies à grande échelle. Chaque dollar investi dans l’adaptation au changement climatique économise plus de 10 dollars [de dégâts]. Renforcer la résilience est l’un des investissements les plus judicieux qu’un gouvernement puisse faire pour protéger sa population et son économie. »

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