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Quotidien

Ventilateur de plafond, rideaux thermiques… Cinq solutions simples et efficaces contre la chaleur

Ventilateur, brumisateur, fenêtre occultée ou moustiquaire : les astuces efficaces contre la canicule restent nombreuses.

Alors que la France est frappée dès le mois de mai par une canicule, Reporterre compile ses bons plans pour y faire face. Ventilation, logement, repas : on peut se rafraîchir sans commettre d’absurdité écologique.

La chaleur a fait un retour brutal dans nos quotidiens. Lundi 25 mai, la vigilance jaune à la canicule a été étendue à 18 départements par Météo-France. L’écrasante majorité du pays sue à grosses gouttes, et cela devrait durer jusqu’à la fin de la semaine. Alors que faire ?

Avant de céder aux sirènes de la climatisation — un non-sens écologique selon nombre d’experts — suivez notre guide.

Fermer les volets ou les stores le jour, aérer la nuit, faire des courants d’air… D’autres solutions permettent heureusement de faire baisser la température de quelques degrés ou tout au moins de rendre l’air moins étouffant.

Pour aller plus loin, Reporterre a sélectionné cinq astuces low-tech, autrement dit qui ne font pas appel à des technologies sophistiquées, mais plutôt à la simplicité et à l’accessibilité. Et que vous pouvez mettre assez rapidement en application chez vous, si ce n’est pas déjà fait !

1 - Miser sur la ventilation

S’il est un appareil électrique à avoir en cas de canicule, c’est bien le ventilateur. Pour créer un effet plus rafraîchissant, il est recommandé de mettre une bouteille d’eau congelée devant, ou bien un drap bien mouillé. De la même façon, mettre une serviette humide devant les fenêtres permet de créer un courant d’air plus frais.

Dans l’idéal, optez pour un brasseur d’air — aussi appelé ventilateur de plafond. « Un brasseur d’air consomme 25 à 40 fois moins d’électricité qu’une clim’, pour un service rendu qui peut être comparable. C’est une solution low-tech, pleine de bon sens, qu’il faut découvrir ou redécouvrir », dit Robert Célaire, ingénieur bioclimaticien, ancien maître de conférences en école d’architecture.

À la différence des ventilateurs sur pied, qui produisent un flux d’air marqué, mais très concentré, les ventilateurs de plafond créent un mouvement d’ensemble doux et régulier, qui enveloppe les occupants. Autrement dit, une brise constante, plutôt qu’une bourrasque. Le courant d’air ainsi produit facilite l’évacuation de la chaleur par la peau, via le phénomène d’évapotranspiration.

Lire aussi : Face à la canicule, la solution du ventilateur de plafond

2- Aménager son logement

Si vous avez un jardin, une terrasse ou un balcon, misez sur la végétalisation. Les plantes présentent deux atouts : créer de l’ombre et abaisser la température grâce au phénomène d’évapotranspiration.

Installez des pots de fleurs, une pergola, une treille, des plantes grimpantes et même des végétaux secs comme les bambous et les canisses à l’extérieur de votre logement afin de créer de l’ombre sur les murs, les fenêtres, la terrasse ou le balcon.

Ensuite, direction vos fenêtres, qui peuvent vite se transformer en grill. Si votre logement n’est pas équipé de stores ou de volets, plusieurs dispositifs permettent d’empêcher le soleil de pénétrer par les ouvertures.

Les rideaux thermiques occultants, souvent installés pour protéger du froid l’hiver, s’avèrent tout aussi utiles l’été, en bloquant la chaleur extérieure. Le Low-tech Lab propose également de fabriquer ses propres pare-soleil avec une simple couverture de survie réfléchissante.

Dernier aménagement — et non des moindres — pour pouvoir rafraîchir votre logement ; les moustiquaires. Car pour aérer la nuit sans avoir à souffrir des insectes suceurs, l’installation de ces filets aux fenêtres apparaît comme indispensable. Et afin de profiter de votre extérieur quand le thermomètre baisse, vous pouvez aussi vous procurer des pièges à moustiques-tigres… mais pas n’importe lesquels !

Lire aussi : Rafraîchir les logements, oui, mais sans climatisation

3 - En déplacement, jamais sans mon éventail et mon brumisateur

C’est la « clim’ écolo qu’il vous faut », affirme Véra Pilo, qui détient une marque d’éventails éponyme. À l’inverse du miniventilateur potable — une aberration écologique — l’éventail a prouvé son utilité tant dans les transports en commun qu’à la maison.

Et il est encore plus efficace si vous l’associez à un brumisateur. Plutôt que d’acheter des bouteilles estampillées au nom de grandes marques d’eau ou de cosmétiques, l’idéal est de se procurer un brumisateur rechargeable, que vous alimenterez avec l’eau du robinet. On en trouve parfois en pharmacie, mais aussi en grandes surfaces.

Certains contenants dédiés à d’autres usages peuvent même faire l’affaire : vaporisateur pour cheveux utilisé par les coiffeurs, petit pulvérisateur vendu pour le jardinage, pulvérisateur destiné au repassage, etc.

Lire aussi : L’éventail, le rafraîchissement simple et écolo qui ringardise la clim

4 - Adapter son alimentation

C’est bien entendu le b.a-ba : le moyen le plus efficace pour prévenir le coup de chaleur est de boire régulièrement, entre 1,5 et 2 litres par jour, sans attendre d’avoir soif. Les boissons glacées sont à éviter, car elles forcent le corps à dépenser de l’énergie pour se réchauffer et peuvent provoquer des crampes d’estomac et des désordres intestinaux. Attention aussi aux boissons diurétiques — qui augmentent la production d’urine — comme le thé, le café et l’alcool.

Aux jeunes enfants, on peut proposer de l’eau toutes les heures, ainsi que la nuit en cas de réveil. Quant aux personnes âgées, elles devraient boire au minimum huit verres d’eau par jour (800 millilitres), et idéalement jusqu’à treize ou quatorze verres.

La chaleur a aussi tendance à couper l’appétit — il s’agit d’une adaptation du corps qui évite ainsi de se lancer dans d’interminables digestions, sources de pertes énergétiques et d’élévation de la température. À éviter donc, les aliments très gras, frits, consommés en grandes quantités.

Il est néanmoins important de continuer à manger suffisamment, varié et équilibré. À inviter sans compter dans ses menus, les fruits et légumes riches en eau, locaux et de saison pour leur aspect écolo : concombre, radis, courgette, laitue — et si vous en trouvez déjà, tomate, poivron, melon, pastèque.

Enfin, pour éviter les problèmes de transit liés à une surconsommation de crudités, n’hésitez pas à manger froids des légumes déjà cuits comme les poivrons et les aubergines — une pratique courante dans les pays du Maghreb — et de ne pas négliger les haricots verts cuits de la plus traditionnelle salade niçoise.

Lire aussi : Steak ou pastèque : comment s’alimenter pendant la canicule ?

5 - Se battre contre les responsables

Les grandes entreprises pétrolières ont une responsabilité dans les vagues de chaleur. Publié le 10 septembre 2025 dans la revue Nature, un travail scientifique alors inédit démontre que les émissions de gaz à effet de serre des 180 plus grands producteurs mondiaux d’hydrocarbures et de ciment ont contribué directement à l’occurrence et à l’intensité des vagues de chaleur entre 2000 et 2023.

Ainsi, pour l’économiste Maxime Combes, il faudrait nommer les canicules du nom de leurs responsables, telles que les entreprises du secteur des énergies fossiles qui « continuent d’explorer de nouveaux gisements, d’en exploiter plus et de refuser d’arrêter d’investir ». En 2022, il proposait ainsi d’appeler la vague de chaleur du mois de juin « Canicule TotalÉnergies n° 1 ».

« Il y a une forme de fatalisme, d’abattement, de résignation face à ces vagues de chaleur. On a l’impression qu’elles nous tombent dessus, mais que l’on ne peut rien y faire, expliquait-il à Reporterre. Donner aux vagues de chaleur le nom d’une entreprise permet de lutter contre cette résignation. »

« Ça permet de repolitiser ces phénomènes, de remettre au cœur du débat public la question de l’urgence climatique et de ses responsables poursuit-il, et de débattre de la réponse à apporter en matière d’atténuation. »

Lire aussi : « Nommons les canicules, elles ont des responsables »

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