Le miniventilateur portable, une maxi-aberration écologique
La moitié des miniventilateurs achetés au Royaume-Uni en 2024 ne sont plus utilisés un an après. - © Rasid Necati Aslim / Anadolu / AFP
La moitié des miniventilateurs achetés au Royaume-Uni en 2024 ne sont plus utilisés un an après. - © Rasid Necati Aslim / Anadolu / AFP
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Dans les transports en commun et aux terrasses des restaurants, ils sont partout cet été. Mais les miniventilateurs en plastique sont une catastrophe écologique, avec leur acheminement depuis l’Asie et leur durée de vie limitée.
Dans la rue, dans les transports en commun, au bureau… Quand le mercure taquine le seuil des 30 °C, l’objet passe difficilement inaperçu. Léger, rechargeable par USB, avec tous types de coloris, parfois même équipé d’options (brumisateur, lampe de poche, diffuseur d’huiles essentielles), les miniventilateurs portables connaissent un succès fulgurant cet été en France.
Accessibles pour moins de 5 euros sur les grandes plateformes de commerce en ligne, ils trouvent aussi une place de choix à l’entrée ou à la caisse de grandes surfaces et de magasins d’électroménager (entre 10 et 20 euros en moyenne). L’engouement est tel que certaines enseignes frisent régulièrement la rupture de stock.
Alors, un « allié indispensable » pour la saison estivale ? Loin s’en faut. Car derrière son apparence inoffensive, cet appareil recèle un coût environnemental considérable. Et ce, durant toutes les étapes de sa courte vie.
Destiné à la poubelle ou au placard
Enrobés pour la plupart d’une coque en plastique (troisième industrie mondiale en termes d’émissions de gaz à effet de serre) les miniventilateurs fonctionnent à l’aide d’une batterie au lithium et de divers métaux rares comme le nickel et le cobalt dont l’extraction est extrêmement polluante (des rejets toxiques de solvants chimiques contaminent l’air, l’eau et les sols) et très coûteuse en énergie et en eau.
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Une fois toutes les pièces assemblées, majoritairement en Chine, le produit est ensuite acheminé en France, notamment via un système de petits colis, dont le transport représente lui aussi un coût environnemental conséquent : « Un colis transporté par avion, c’est 100 fois plus d’émissions de CO2 que par bateau », rappelle l’Agence française de la transition écologique (Ademe).
Souvent fragiles et de mauvaise facture, les miniventilateurs ne résistent ensuite que peu à l’usure du temps. Acheté pour un été, l’objet — d’une durée de vie (très) limitée car aisément cassable et difficilement réparable — finit régulièrement à la poubelle ou au fond d’un placard. Selon une étude réalisée par l’organisation indépendante Material Focus, sur 7,1 millions de miniventilateurs achetés au Royaume-Uni en 2024, 3,4 millions, soit près de la moitié, ont été jetés ou sont désormais inutilisés.
Un « cauchemar à recycler »
En fin de chaîne, il y a aussi le « souci de la collecte », indique Axèle Gibert, experte de la gestion des déchets au sein de France Nature Environnement. D’après un rapport de l’ONU, seule 22 % de la masse des déchets d’équipements électriques et électroniques « ont été correctement collectés et recyclés en 2022 ». Le rapport prévoit même une baisse de ce chiffre, « en raison de l’écart croissant entre les efforts de recyclage et la croissance vertigineuse de la production de déchets électroniques dans le monde ».
« En France, moins de la moitié de ces miniventilateurs sont collectés pour être recyclés », précise Axèle Gibert. La majorité terminent donc remisés, incinérés, enfouis ou abandonnés.
La meilleure solution pour éviter cette situation est donc de ne pas en acheter. Si vous vous en êtes déjà procuré un, il vous reste à en prendre soin et le garder le plus longtemps possible, avant de le déposer dans un point de collecte dédié une fois l’outil devenu obsolète. Ces produits représentent néanmoins un « cauchemar à recycler » souligne Axèle Gibert. Ils sont en effet composés d’une multitude de matériaux, qui doivent être recyclés séparément.
Pour Scott Butler, directeur exécutif de Material Focus, un raisonnement primordial s’impose : « Réfléchissez avant d’acheter votre prochain objet “fast-tech”, et [demandez-vous] si vous en avez vraiment besoin », dit-il dans l’étude sur le coût environnemental des appareils électriques et électroniques jetables et à bas prix.
« On est dans de la surconsommation, avec des industriels qui veulent nous vendre des produits dont nous n’avons pas besoin », alerte Axèle Gibert. D’autant plus qu’il existe une alternative écoresponsable et durable : l’éventail.