Média indépendant, en accès libre pour tous, sans publicité, financé par les dons de ses lecteurs

Jardin sans pétrole

Jardin sans pétrole - La morelle noire a faim d’azote

L’automne est installé, c’en est bientôt fini des légumes d’été. Il est temps de déménager les jeunes fraisiers. Les radis sont en forme. Une découverte : le paillage a fait se multiplier les morelles noires.

Quelle belle journée d’automne ! Les rayons du soleil rasent la frondaison des arbres et filtrent à peine à travers les feuillages, laissant le potager dans l’ombre. Nous regardons les branches qu’il nous faudra rabattre dans quelques semaines quand l’aubépine, le chêne, le frêne et le saule des oliviers seront au repos.

Octobre annonce la fin des légumes d’été. Les haricots sont de moins en moins nombreux sur les rames. Nous en ramassons encore une belle poignée. Je suis partagée sur ce qu’il convient de faire. Sur les rames, des feuilles jaunes noircissent sous l’action des champignons mais elles portent aussi des fleurs qui promettent de nouvelles gousses. Finalement, je décide de nettoyer consciencieusement les rames en ôtant tout ce qui n’est pas franchement vert. Nous verrons la semaine prochaine. Avec les pluies et la douce fraîcheur, les radis semés en septembre ont donné de jolies racines et un feuillage abondant pour les premières soupes.

Il est grand temps de s’atteler à l’entretien des fraisiers. Ceux qui sont sous le chêne, moribonds début septembre sont repartis pour nombre d’entre eux. Leurs « enfants » mélangés aux poireaux ont à leur tour donné une nombreuses descendance que je déménage sous le chêne, où ces jeunes pousses pourront prendre racines. Les pelletées de compost grumeleux et souple rebondissent dans le sceau que j’emporte pour installer les jeunes pieds de fraisiers de l’année.

Fraisiers et poireaux.

J’observe que cette année la renoncule rampante et le chénopode Bon-Henri ont été moins présents que l’année dernière. En revanche, la morelle noire se fait plus pressante. Il y en a plusieurs pieds par m2 ! On pourrait les confondre avec des jeunes pieds de pommes de terre, qui appartiennent à la même famille botanique : même feuillage vert sombre, même fleurs blanches avec le pistil jaune. Mais sur certains pieds de morelle noire, les fleurs ont laissé place à de petites baies vertes qui deviendront noires en mûrissant, d’où sont nom ! Ses baies, réputées toxiques pour l’homme, sont appréciées de certaines espèces d’oiseaux comme le pigeon, la corneille noire, le merle noir ou le rouge-gorge familier.

Sa présence en cette saison automnale m’étonne mais pour les connaisseurs, elle indique un phénomène connu sous le nom de « faim d’azote ». Explication : au printemps, des bactéries spécialisées dans la décomposition de la matière organique ont pompé dans l’azote du sol pour venir à bout des débris carbonés provenant de la dégradation des copeaux de peupliers que nous avions utilisés pour pailler le sol. Une fois leur travail terminé, les bactéries ont restitué l’azote, qui s’est trouvé disponible, favorisant la germination de la morelle noire qui en est très consommatrice.

Pas si simple, le paillage…

📨 S’abonner gratuitement aux lettres d’info

Abonnez-vous en moins d'une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’abonner
Fermer Précedent Suivant

legende