L’agriculture urbaine‏ est en plein essor

4 septembre 2013 / Incroyables comestibles

« L’agriculture urbaine ne permettra jamais d’atteindre une autosuffisance alimentaire pour de grandes villes. Cependant, elle pourrait devenir le mode de culture le plus économique et le plus rentable, notamment en termes d’énergie et de transport ».


L’effet démultiplicateur des apports de la participation citoyenne avec l’agriculture urbaine comme celle impulsée par les Incroyables Comestibles est reconnu par des études récentes. Ce n’est pas un hasard si la Ville de Paris soutient le mouvement participatif des citoyens jardiniers solidaires depuis plus d’un an par l’appel à participer lancé depuis la Maison des Acteurs du Paris durable et plus récemment par l’accueil des actions pédagogiques qui ont été menées sur les parvis de l’Hôtel de Ville en partenariat avec les représentants du collectif « Projet Vergers Urbains » composé du réseau informel d’acteurs issus des villes en transition, de la permaculture et du mouvement des Colibris impliqués à titre personnel ou associatif dans différentes structures visant à promouvoir les « cultures » urbaines.

L’agriculture urbaine s’est fortement développée ces dernières années par la mise en place de jardins partagés, d’associations de type AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne), de systèmes de cultures sur les toits ou d’actions collectives citoyennes comme le mouvement des incroyables comestibles. Les circuits courts gagnent des adeptes.

Une étude de l’Institut Bruxellois pour la Gestion de l’Environnement menée en juin 2012, intitulée « Système d’alimentation durable », a comptabilisé les surfaces potentiellement cultivables dans la ville de Bruxelles pour le maraîchage, la fruiticulture ou l’aquaponie, techniques de cultures biologiques intensives à main d’œuvre intensive.

En comptant les terrains vagues, les jardins, les parcs et les toitures plates où la culture pourrait être envisagée, la superficie totale cultivable serait de 1300 hectares, générant plusieurs milliers d’emplois à temps plein. D’après les expérimentateurs de l’autosuffisance alimentaire, il est généralement admis qu’en régime à prévalence végétarienne, un hectare est nécessaire pour nourrir une famille. 1300 hectares sur la Ville de Bruxelles ne permettront donc pas d’assurer la sécurité alimentaire de la ville.

L’agriculture urbaine ne permettra jamais d’atteindre une autosuffisance alimentaire pour de grandes villes au vu des surfaces potentiellement cultivables. Cependant, elle pourrait devenir, d’ici quelques années, le mode de culture le plus économique et le plus rentable, notamment en termes d’énergie et de transport dans un contexte d’énergies fossiles toujours plus chères. Ce sont dans les villes que se trouvent à la fois les bouches à nourrir et la main-d’œuvre disponible, ce qui fait de ce mode d’agriculture un gisement d’emplois non négligeable à l’échelle européenne.

Voir l’article sur le site Energy Cities en lien ICI.

- Estimations de l’effet multiplicateur dans d’autres villes ou régions -
Exemples selon l’étude de juin 2012, « Système d’alimentation durable – Potentiel d’emplois en Région bruxelloise »

Extraits significatifs encadré page 73 : Une étude du département américain de l’agriculture (Usda – 2010) recense les analyses empiriques ayant montré que le développement de marchés de producteurs locaux peut avoir un impact significatif sur l’économie locale car l’argent dépensé par les consommateurs reste dans la communauté.

Ainsi, dans l’Iowa, un dollar dépensé sur un marché de producteurs locaux génère 58 cents en transactions indirectes et induites (effet multiplicateur de 1,58). L’effet multiplicateur en termes d’emplois est de 1,45. En Oklahoma, les effets multiplicateurs respectifs se situent entre 1,78 et 1,41.

Selon la Commission de développement économique de Vancouver (The Economy of Local Food in Vancouver, 2009), en Colombie-Britannique, l’effet multiplicateur des marchés de producteurs a été estimé à 2 au niveau de la Province. À Portland (Ontario), l’impact direct des 5 marchés de producteurs est de 7,7 millions de dollars annuels et l’impact total de 11,2 millions de dollars. L’effet multiplicateur est donc de 1,45. En termes d’emplois, l’effet multiplicateur est de 1,38.



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Source et photos : Incroyables comestibles

Lire aussi : L’agriculture urbaine se visite à Aubervilliers, en Seine Saint Denis



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