L’usine nucléaire de La Hague démunie en cas de très fortes intempéries

Durée de lecture : 6 minutes

9 avril 2013 / Le Blog de jeudi



Non, il ne peut y avoir de tsunami sur le Cotentin. Mais des chutes de neige paralysant la région, oui, comme on l’a vu en mars. Qu’arriverait-il alors si se produisait un accident nucléaire dans l’usine de déchets de La Hague, secours et équipements ne pouvant arriver ? Les habitants et les élus s’interrogent.


Les chutes de neige et leurs conséquences dans la Manche amènent les élus à s’interroger sur les risques qui pourraient peser sur les sites nucléaires en cas d’intempéries paralysantes.

Comme de bien entendu, Areva ressort « blanc comme neige » ( Voir Ouest France ci-dessous) de cet épisode qui montre une fois de plus la fragilité des sites nucléaires du Cotentin. En fin d’article un reportage photo sur les évènements du 11 au 15 février et deux vidéos donnent l’ampleur du sujet.

En effet personne ne savait que des naufragés de la route se trouvaient bloqués dans la neige à deux pas du site d’Areva La Hague. C’est vers ce site que l’armée s’est dirigée en premier et avec succès. Comme l’indique un élu « il serait bon que le groupe de travail interCli (Areva, Andra et EDF Flamanville) poursuive son travail sur l’analyse de l’événement neigeux du 10 au 13 mars, et l’audition des intervenants, avant d’en tirer des recommandations pour tous les acteurs ».

Chiche ! On avait dit ça après l’étude du Pr Viel sur les leucémies de la Hague et on n’a rien fait. Alors on bouge ?

Des maires de la Manche ont douté de la capacité des secours et des industriels à faire face à un accident nucléaire en cas de fortes intempéries, évoquant un risque comparable à celui d’un « tsunami », après les chutes de neige qui ont paralysé le département à la mi-mars.

« Le blizzard, notre Tsunami local ? »

« Le blizzard, notre tsunami local ? Gardons-nous de voir la paille dans l’oeil du voisin et ne pas voir la poutre dans le nôtre. Restons vigilants " , a averti Patrick Fauchon, maire (PS) de Flamanville, commune qui abrite une centrale nucléaire et où est en construction le premier réacteur EPR français, dans une allusion à la catastrophe de Fukushima.

En raison des fortes chutes de neige et des forts vents qui avaient frappé le Cotentin durant la semaine du 11 mars, beaucoup de routes, dont des axes clés d’intervention en cas d’incident à la centrale nucléaire de sa commune, étaient restées plusieurs jours « impraticables », rappelle l’élu dans un communiqué publié en marge d’une commission locale d’information (CLI, qui réunit élus, industriels et écologistes) sur l’usine Areva de Beaumont-Hague, autre site nucléaire, situé à 23 km de Flamanville.

Coupés du monde

A l’heure où les élus manchois travaillent à tirer des leçons de Fukushima, plusieurs membres de cette CLI se sont montrés préoccupés par la neige. Durant la semaine du 11 mars, de nombreux foyers manchois s’étaient ainsi retrouvés coupés du monde, ont-ils souligné.

« C’est inadmissible, je me suis retrouvée sans téléphone, ni électricité. Même la radio ne captait pas. Durant deux jours, je n’ai pu joindre ni gendarmerie ni préfecture. Il aurait pu se produire n’importe quoi " , a déclaré vendredi à l’AFP Odile Thominet, maire UMP de Surtainville, située à 11 km de Flamanville et 28 km de Beaumont-Hague.

En outre, sur le site même d’Areva, « il y a eu des salles de repli difficile, voire impossible d’accès » pour les salariés, s’est de son côté inquiété Yann Perotte, délégué syndical FO.

Impossible de mobiliser le personnel, selon l’ASN

A Flamanville, la centrale exploitée par EDF avait déclaré un incident de niveau 0 à la suite de l’épisode neigeux, car, en cas de problème, "elle n’aurait probablement pas été en mesure de gréer (mobiliser, ndlr) le personnel dont elle aurait eu besoin dans les temps imposés" , selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), une partie du personnel habitant à plusieurs kilomètres.

Durant cet épisode, le département a été recouvert de 80 cm de neige en moyenne avec des congères de plusieurs mètres de haut.

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Voir aussi :

Ouest France, 6 avril 2013

Intempéries : Areva blanc comme neige

La sécurité de l’usine de la Hague, lors de la tempête de neige, n’a jamais été menacée, assure la direction de l’établissement Areva à l’occasion de la commission locale d’information.

Hier matin, la commission locale d’information (Cli) de l’usine Areva-Hague a examiné les conditions dans lesquelles s’était produit et avait été géré l’épisode neigeux du mois dernier. Pour mémoire, 570 agents de l’usine sont restés bloqués pendant des heures dans les cars immobilisés sur la D901, entre Beaumont-Hague et la route de Flamanville, avant d’être secourus et conduits à l’abri à Beaumont-Hague par des bénévoles locaux.

« Lorsque la préfecture a été informée que les cars étaient bloqués, indique le chef de la Protection civile, nous avons dédié les moyens qui restaient à disposition. » Mais, le lundi soir, « il en restait assez peu ». En conséquence, « les itinéraires des bus n’ont pu être dégagés que le mercredi matin ».

L’usine était en arrêt pour maintenance, a indiqué Roland Jacquet, directeur adjoint d’Areva. « Dès lundi matin à 9 h, l’ensemble de la direction était réuni et est restée sur le site pendant trois jours. Nous avons arrêté les installations qui fonctionnaient. Si les usines n’avaient pas été à l’arrêt, nous les aurions arrêtées. »

Les équipes en poste n’étant pas relevées, du fait de l’impossibilité d’arriver à l’usine, elles « sont restées en place. Nous avons organisé des rotations de travail et de repos. Nous avons toujours eu largement les effectifs de sécurité ».

Se protéger de la neige plus que du tsunami

Toujours ce lundi, les personnels en horaire normal venus en voiture ont été invités à quitter l’usine en fin de matinée, ce qui a permis à un millier de personnes de sortir de la nasse neigeuse. Les cars, eux, ne sont partis qu’à 18 h. Trop tard. Areva plaide non coupable.

« Il n’y avait pas d’interdiction de circuler pour les bus et les camions. » Effectivement, cette interdiction préfectorale n’a été prise qu’à 20 h. La situation décrite dans les documents internes fut un peu moins simple. Yann Perrotte (FO) a rappelé, en s’appuyant sur ces documents, que « des groupes diesel étaient difficilement accessibles », que « certaines salles de repli étaient impossibles d’accès ».

Logiquement, la question d’un accident nucléaire dans ces conditions d’accès impossible a été posée. « Cela relève de la Protection civile » a répondu Michel Laurent, président de la commission, et maire de Beaumont-Hague.

Patrick Fauchon, maire de Flamanville, assistait à cette assemblée, dont il n’est pas membre. Après avoir évoqué, hors réunion, la situation sur sa commune et la façon dont EDF l’a gérée, il constate que « le risque naturel extrême vent et neige est assurément plus réaliste pour les installations nucléaires de notre région que le séisme ou l’inondation. Alors même que les membres des Cli du Nord-Cotentin vont se rendre au Japon pour voir comment nos amis japonais ont géré les conséquences du tsunami du 11 mars 2011, il serait bon que le groupe de travail interCli (Areva, Andra et EDF Flamanville, ndlr) poursuive son travail sur l’analyse de l’événement neigeux du 10 au 13 mars, et l’audition des intervenants, avant d’en tirer des recommandations pour tous les acteurs ».






Source et photo : Leblogdejeudi : le nucléaire tue l’avenir, rendez nous notre vie !

Lire aussi : Le nucléaire français de plus en plus sujet aux erreurs humaines

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