La Fondation de l’écologie politique optimiste sur le changement climatique

Durée de lecture : 5 minutes

27 janvier 2015 / Philippe Desfilhes (Reporterre)

Le 27 janvier, la Fondation de l’écologie politique présente Paris Climat 2015-20 ans après, un recueil d’essais de prospective climatique (optimiste), destiné à nourrir le débat sur le changement climatique de façon originale et efficace.

La philosophe de la nature et de l’environnement Catherine Larrère, Présidente du Conseil de surveillance de la Fondation de l’Ecologie Politique, et Silvia Marcon, sa directrice, dévoileront ce matin à 11h, lors d’une conférence qui se tiendra au Palais Brongniart, une publication baptisée « Paris Climat 2015 - 20 ans après ».

Textes d’anticipation optimiste

L’ambition de cet ouvrage collectif ? Nourrir le débat sur le changement climatique de façon originale et efficace. « Nous avons demandé à des auteurs d’horizons très différents de se projeter en 2035 avec comme postulat que la COP 21 (la Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015, NDLR) a été un succès et a débouché sur la signature d’un accord contraignant », explique Silvia Marcon.

Cinq des auteurs de la publication seront là pour débattre avec la salle. Les titres de leurs essais de politique-fiction sont éloquents : « Le kiwi qui en avait marre de faire le tour du monde », par l’écologue Marc Barra ; « Faire de la finance sans faire fi du carbone », par Anne-Catherine Husson-Traore, spécialiste de la finance éthique ; « Le jour où les Etats ont mis fin à la domination du marché », par l’économiste Thomas Porcher ; et « Paris-Vanves, commune en transition écologique », un texte co-écrit par les économistes Lucile Schmid et Marc Linpinski.

« Tous ont fait appel à leur imagination et à leurs connaissances pour écrire des textes qui montrent que dans certains domaines des changements importants sont possibles alors que dans d’autres, malheureusement, malgré un virage politique, nous subirons encore en 2035 les effets des atteintes à l’environnement que nous connaissons déjà aujourd’hui », poursuit Silvia Marcon.

Les sujets abordés par les différentes contributions sont multiples : la place que nous réservons au vivant, nos modes de consommation et de production, la gouvernance des Etats et celle des entreprises, les conséquences sociales du changement climatique ou encore l’engagement citoyen.

Porter dans le débat l’écologie politique

« Cette publication répond parfaitement aux objectifs de la Fondation qui sont de porter les thématiques de l’écologie politique dans le débat public et de donner aux citoyens les moyens de se faire une opinion et de prendre position sur des questions qui prennent et vont prendre de plus en plus d’importance dans leurs vies », souligne Catherine Larrère.

La tenue de la COP 21 à Paris tombe à pic. Adossée à Europe Ecologie - les Verts (EELV), la Fondation de l’Ecologie Politique a vu le jour à la fin de 2012, rejoignant cinq autres fondations de même statut juridique (lire ci-après « La Fondation de l’Ecologie Politique en quelques lignes »).

Mais elle n’a commencé à fonctionner opérationnellement qu’en septembre-octobre 2013. « Nous sommes les « petits nouveaux ». La COP va nous aider à trouver nos marques en nous permettant de débattre des questions climatiques tout en commençant à développer d’autres thématiques », se félicite la Présidente.

Au programme de 2015, la publication des premières « notes ». Ces textes courts aux angles précis sont très attendus car ce sont l’un des fondements du travail des fondations politiques (la collection a été inaugurée par une contribution de l’économiste de l’environnement Eloi Laurent sur la question des inégalités environnementales). Des écrits sur l’histoire de EELV et des autres mouvements politiques écologistes seront également publiés, cette fonction mémorielle étant l’une des autres raisons d’être d’une fondation politique.

Indépendance

L’action ne se limitera pas à la production de contenus intellectuels. Des contacts ont été pris avec Carolyn Carlson pour organiser cette année à Paris un spectacle de danse sur le thème du climat. « Nous sommes très sensibles aussi à l’aspect culturel des choses. Le plasticien Alain Fleischer a été sollicité dans le but d’organiser une exposition sur le thème du changement climatique également », indique Catherine Larrère.

Cette exposition intégrera des contributions d’internautes. Ceux-ci pourront en effet enrichir la prospective climatique de « Paris Climat 2015 – 20 ans après » sur la page dédiée à cet exercice sur le site de la Fondation.

Il s’agit pour la nouvelle fondation d’assoir sa légitimité. « Même si elles sont adossées à des partis, les fondations politiques doivent être indépendantes financièrement et intellectuellement et libre de développer leurs propres thématiques », rappelle Kathrin Glastra, du bureau bruxellois de la Fondation Heinrich Böll (affiliée aux « Grünen » allemands, la FHB compte quinze bureaux dans le monde et collabore avec des ONG dans plus de cinquante pays !). « Nous nous sommes pas
un
« think tank », notre vocation n’est pas de fournir des éléments de langage à EELV », assure Catherine Larrère.

C’est à sa capacité à prendre du recul et à animer le débat public en fournissant un travail de fond que sera jugée la fondation. A cet égard, la qualité de la collection d’essais de prospectives climatiques « optimistes » publiée aujourd’hui est rassurante.


LA FONDATION DE L’ECOLOGIE POLITIQUE EN QUELQUES LIGNES

Elle a été reconnue d’« utilité publique » par un décret du ministère de l’Intérieur en date du 2 novembre 2012. Adossé à EELV – les Verts, elle rejoignait cinq autres fondations de même statut juridique, la Fondation Jean Jaurès, liée au PS, la Fondapol, proche de l’UMP, la Fondation Gabriel Péri, affiliée au PCF et la Fondation Res Republica, qui émane du MRC de Jean-Pierre Chevènement.

Ses instances de gouvernance c’est-à-dire son conseil de surveillance, son conseil scientifique et son directoire ont été mis en place entre mars et juin 2013 et son travail a débuté en septembre-octobre 2013.

L’équipe opérationnelle est constituée d’une directrice (Silvia Marcon, ex-responsable des relations institutionnelles de WWF France), de deux chargés de mission et d’un stagiaire. Elle partage ses locaux avec des associations écologistes dans le 13e arrondissement de Paris et dispose d’un budget prévisionnel de 500 000 euros pour 2015.


PARIS CLIMAT 2015 : 20 ANS APRÈS

Collection d’essais de prospective climatique (*optimiste)

Palais Brongniart, Petit Amphithéâtre,
Le 27 janvier 2015, 11h00/13h00 





28, Place de la Bourse, 75002 Paris

- Toutes les informations ici


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Lire aussi : A quoi la Fondation de l’écologie politique sert-elle ?

Source : Philippe Desfilhes pour Reporterre

Photo : FEP

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