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Monde

« Le climat n’est pas un gros problème » : en pleine canicule, un sommet d’extrême droite loue le pétrole et fustige le féminisme

L'une des conférencières, qui promeut la famille traditionnelle, lors du congrès de l'ARC le 24 juin 2026.

De nombreuses personnalités de l’extrême droite mondiale se sont donné rendez-vous pour un congrès antiwoke à Londres. Un élu de Nice, proche d’Éric Ciotti, a ainsi pu s’informer sur les bienfaits des fossiles et le péril causé par le féminisme.

« C’est parti pour trois journées intenses à Londres », se réjouissait sur X (ex-Twitter) Alexandre Saradjian, élu municipal de Nice et coprésident des Jeunes UDR (le mouvement d’Éric Ciotti). En pleine canicule, il était au Royaume-Uni pour réseauter à la conférence annuelle d’Alliance for Responsible Citizenship (ARC), du 23 au 25 juin. Ce rendez-vous antiwoke et anticlimat a été lancé en 2023.

Dès le premier jour, il a pu obtenir une rencontre avec Paul Marshall. Le milliardaire propriétaire de GB News, le « Fox News britannique », est régulièrement épinglé pour désinformation climatique. Le fonds d’investissement de Paul Marshall possède des millions de dollars d’actions dans des entreprises pétrolières comme Chevron, Exxon et Shell.

Le lendemain, Alexandre Saradjian a aussi eu un entretien avec Kevin Roberts, président de la Heritage Foundation. Ce groupe de réflexion étasunien a coordonné le « Project 2025 » : cette feuille de route de la présidence Trump fustige le « fanatisme climatique » de l’administration Biden et appelle à « arrêter la guerre contre le pétrole et le gaz ». « La Fondation Heritage a toujours mis en avant des idées audacieuses au service du conservatisme américain », estime le jeune ciottiste sur X.

Collaborateurs RN et UDR et mécènes pétroliers

Alexandre Saradjian est loin d’être le seul Français à assister à la conférence ARC. DeSmog, média d’investigation climatique international, et Unearthed, le média de Greenpeace UK, ont obtenu une liste de participants sur laquelle on retrouve plusieurs collaborateurs politiques, toujours liés à l’extrême droite. Parmi eux, Sophie Arbareri, qui travaille avec le député RN Julien Odoul, Alix Bougnoux, collaboratrice du député UDR Gérault Verny (également actionnaire du média d’extrême droite Frontières) et Matéo Leroy, assistant de l’eurodéputé Nicolas Bay à Bruxelles. Contactés, ils n’ont pas confirmé leur présence. Parmi les participants se trouvait également l’eurodéputée Marion Maréchal-Le Pen.

Parmi les conférences : «  Comment élever des enfants pour qu’ils ne deviennent pas communistes  » et «  Comment la société a laissé tomber nos garçons  ». Montage Reporterre - Captures d’écran Youtube de l’ARC et Facebook / David Bereit

Des proches du milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin et des personnalités liées à la mouvance identitaire (les fémonationalistes de Némésis par exemple) feraient aussi partie du voyage. Un voyage où, alors que l’Europe suffoque sous une vague de chaleur sans précédent, la jeune garde des conservateurs français va être abreuvée de messages en faveur des énergies fossiles. Pas étonnant, si on se penche sur les mécènes d’ARC en 2025 : Daniel Halyk, le fondateur de Total Energy Services, Bud Brigham, le magnat du pétrole, Heyco Energy, la société de fracturation hydraulique...

« Le climat est un problème, mais pas un gros problème »

Dès le premier jour, la session sur l’énergie a été introduite par Bjorn Lomborg, figure de l’obstruction climatique — il est notamment l’auteur de L’Écologie sceptique. Pour lui, les changements climatiques sont moins dangereux que de se passer des énergies fossiles, qui garantissent la prospérité. D’ailleurs, le nombre d’ours polaires augmente, expliquait-il en reprenant une intox classique des climatosceptiques.

Les participants français ont aussi pu croiser Steven Koonin — ce physicien passé par l’administration Obama a écrit Climat, la part d’incertitude. Il a expliqué dans sa présentation que les rapports du Giec étaient moins alarmants que ce que les médias en disent. En revanche, c’est à distance qu’ils entendront Chris Wright, secrétaire d’État à l’Énergie du gouvernement Trump qui a fait fortune avec la fracturation hydraulique — le fracking. Pour lui, « le climat est un problème, mais pas un gros problème […] le froid tue bien plus que la chaleur ». Pour rappel, le chaos climatique n’est pas qu’une question de réchauffement de la Terre mais aussi d’événements climatiques extrêmes — ouragans, inondations... Il a appelé l’Europe à suivre la voie de Trump : « Le coût politique [de la transition énergétique] est trop élevé. »

Si la canicule préoccupe peu les conférenciers, ils se soucient du péril causé par le féminisme, l’immigration, la baisse de la natalité ou les transitions de genre. Ainsi, les participants ont pu apprendre « comment élever des enfants pour qu’ils ne deviennent pas communistes » ou « comment la société a laissé tomber nos garçons ».

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