Le Pérou bascule à l’extrême droite avec l’élection de Keiko Fujimori
Keiko Fujimori en 2021. - Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0 / Érico
Keiko Fujimori en 2021. - Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0 / Érico
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Après la Colombie, le Pérou bascule lui aussi à l’extrême droite. À la suite d’un mois de dépouillement, la fille de l’ancien autocrate Alberto Fujimori, Keiko Fujimori, a été élue présidente du pays. La dirigeante du parti Fuerza Popular (FP, Force populaire), mouvement politique brassant de la droite conservatrice à l’extrême droite autoritaire, devrait prendre ses fonctions le 28 juillet, pour un mandat de cinq ans.
Elle a battu de justesse (à 50 000 votes près, sur 18 millions de bulletins) son adversaire de gauche radicale, Roberto Sanchez de Juntos por el Peru (Ensemble pour le Pérou). Ce dernier, alléguant des irrégularités administratives dans la gestion des votes à l’étranger, avait annoncé qu’il ne reconnaîtrait pas sa défaite.
Procédure judiciaire pour blanchiment d’argent
Âgée de 51 ans, Keiko Fujimori s’inscrit dans la continuité du modèle néolibéral entériné dans la Constitution de 1993, sous le régime de son père Alberto Fujimori. Ce dernier, dont elle revendique l’héritage, avait été condamné à vingt-cinq ans de prison en 2009 pour crimes contre l’humanité, dans le cadre de sa campagne de répression des guerilleros communistes du Sentier lumineux dans les années 1990.
Alberto Fujimori a également été à l’origine d’une campagne de stérilisations forcées des femmes autochtones dans certaines régions rurales du pays. Ce programme eugéniste aurait fait plus de 300 000 victimes.
Keiko Fujimori a elle aussi eu maille à partir avec la justice, pour blanchiment. Accusée par le parquet péruvien d’avoir reçu au moins 1,2 million de dollars (1 million d’euros) de l’entreprise brésilienne de BTP Odebrecht, elle a affectué plusieurs séjours en prison entre 2018 et 2020 — les poursuites ont finalement été annulées en 2025.
Dans la lignée de son père, Keiko Fujimori a promis d’exercer le pouvoir d’une « main de fer », et de faire « revenir à l’ordre » un pays fragilisé par l’instabilité politique et l’expansion du crime organisé. Durant sa campagne, elle a promis d’expulser les exilés en situation irrégulière, d’accroître la présence de l’armée dans les rues, et de construire des mégaprisons.