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En bref — Pesticides

Le glyphosate n’est pas cancérogène, prétend une agence européenne

Pulvérisation de glyphosate en Angleterre, en 2014.

Pour l’Agence européenne des produits chimiques (Echa), le glyphosate n’est pas cancérigène. Le comité des risques de l’agence a annoncé, le 30 mai, qu’il concluait « à nouveau que la classification du glyphosate en tant que cancérogène n’est pas justifiée ». Le glyphosate reste en revanche classifié comme toxique pour les organismes aquatiques et causant des dommages oculaires graves.

Les membres du comité « ont pris en compte un volume important de données scientifiques et plusieurs centaines de commentaires reçus lors des consultations pour former leur avis », a précisé l’agence dans son communiqué. Cet avis « est cohérent avec la proposition des quatre États membres qui évaluent actuellement le glyphosate : Suède, France, Hongrie et Pays-Bas », est-il ajouté. L’Echa ne change donc pas de position par rapport à 2017.

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Cette annonce a aussitôt provoqué une levée de boucliers de la part des associations de lutte contre les pesticides de synthèse. Pesticide Action Network et Générations futures ont dénoncé dans leur communiqué un « déni de science ». Le glyphosate avait été classé cancérogène probable pour les humains par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), organisme de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en 2015. Depuis, « les preuves scientifiques sont encore plus solides », rappellent les deux organisations. Elles déplorent que, pour émettre son avis, l’Echa se soit « appuyée unilatéralement sur les études de l’industrie ».

En revanche, les études scientifiques validées par les pairs ont été écartées, dénoncent les associations. « Afin de parvenir à sa conclusion, l’Echa a dû rejeter les découvertes sur les tumeurs observées dans cinq études de cancérogénicité chez la souris et sept études chez le rat, […] des études en laboratoire décrivant le mécanisme cancérogène du glyphosate, ainsi que des études épidémiologiques faisant état d’un risque accru de dommages à l’ADN et de cancer chez les personnes exposées au glyphosate », détaille dans ce communiqué Peter Clausing, toxicologue et membre de la coalition d’ONG Ban Glyphosate.

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