Le jardin sans pétrole - La cure de jouvence de la grande oseille

Durée de lecture : 2 minutes

23 mai 2015 / Christine Laurent (Reporterre)



Coupe des fleurs, binage, copeaux de cèdre du Liban, arrosage... C’est le jour du soin annuel de la Rumex acetosa, grande oseille, dont la forme cultivée ressemble fortement à la forme sauvage.

Encore des travaux sur la ligne C qui n’en finit pas de muer. Plutôt qu’un changement difficile avec vélos et sacoches à Juvisy, nous poursuivons jusqu’à Ballancourt et traversons le plateau entre les rivières de l’Essonne et de la Juine. Une traversée sportive, un pique-nique délicieux et une visite de la forêt jardin du domaine de Chamarande réalisée par la paysagiste Astrid Verspieren. Ce lieu d’expérimentation et de futures récoltes pour ceux qui souhaitent participer à ce projet est aussi un espace de démonstration de la biodiversité comestible cultivée sur une surface de 1 200 m2.

Nous arrivons tard au jardin mais c’est encore trop tôt pour arroser. Le soleil darderait ses rayons à travers les gouttes d’eau déposées sur les feuilles et les brûlerait. Nous nous occupons du carré d’oseille. Cette plante, Rumex acetosa, est indigène en Ile-de-France. On l’appelle encore grande oseille, vinette ou aigrette. Sa forme cultivée n’est pas tellement différente de sa forme sauvage si ce n’est par les feuilles plus ovales et d’un vert et d’une texture plus tendre. Elle demande si peu d’entretien qu’on à tendance à se servir sans trop se soucier d’elle.

C’est aujourd’hui son jour, celui d’une cure de jouvence qui commence par la coupe de toutes les fleurs. Ensuite, nous procédons à un binage - opération qui consiste à aérer la terre autour de chaque pied et à enlever la renoncule rampante, la Véronique et la consoude de Véronique, et d’autres herbes d’un genre que je suis incapable de déterminer.

Un copain qui m’aide dans cette tâche a eu le sécateur un peu sévère et plusieurs pieds sont ratiboisés. Je ne suis pas inquiète, l’oseille est une vivace et dans une semaine déjà, de nouvelles pouces tendres se balanceront au gré du vent léger. Un bon arrosage et un tapis de copeaux de cèdre du Liban achèvent ce soin annuel.

Il faut arroser tous les semis et jeunes plantes : cresson alénois, roquette, concombre, courgette, maïs, mesclun, pois, fève, et s’occuper de nettoyer l’artichaut sur lesquels les fourmis ont installé un élevage de pucerons. Nous avons sous la main du savon noir. Je prépare un arrosage spécial dans le pulvérisateur et avec le doigt, j’écrase à la main toutes les concentrations de pucerons. C’est cruel mais comment faire ? Ces artichauts qui trônent élégamment à l’entrée du jardin comme agaves dans une serre tropicale ne vont tout de même pas servir de supermarché aux fourmis.





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Source : Christine Laurent pour Reporterre

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