Le jardin sans pétrole - La vertu des soucis

Durée de lecture : 2 minutes

10 octobre 2015 / Christine Laurent (Reporterre)

Ceux qui utilisent quotidiennement la ligne C ont les nerfs solides ! Il ne se passe pas un week-end depuis la rentrée sans une contrariété. Aujourd’hui, c’est le RER de 14 h 5, pourtant annoncé sur transilien.com, qui n’est jamais arrivé.

Quand nous roulons vers le jardin, il est déjà 15 h 30. Le temps est frais, couvert, humide. Avec Léonie, nous nous lançons dans une grande opération compost, mettant en œuvre mon projet de la semaine dernière. Nous partons en lisière du bois avec une faucille, des gants et la brouette ramasser des orties. Sur place nous découvrons aussi des feuilles de consoude gigantesques. Le compost n’en sera que plus riche car cette plante plonge ses racines dans la profondeur du sol et stocke dans son feuillage quantité de minéraux.

Feuilles de consoude et orties.

L’opération suivante consiste à incorporer toutes ces feuilles riches en azote aux matières carbonées provenant du nettoyage du jardin après la sécheresse estivale... mais patience car les orties sont en fleur, voire montées à graine et, pour éviter de les retrouver dans le potager l’année prochaine, je fais ramollir tout cette verdure dans l’eau pendant quelques heures...

Toujours rien dans le piège à rat taupier

En attendant, je fais le tour de nos 80 m2 de potager. Toujours rien dans le piège à rat taupier et de nouvelles galeries, là où de minuscules plantules d’épinard sortent de terre. Des tomates encore, de la ciboulette et des bourraches en grande forme, accueillant dans leur corolle bleue, des bourdons moins frileux que les abeilles. D’autres fleurs se sont épanouies, notamment les soucis, au même endroit que
l’année dernière. Calendula arvensis est une plante vivace qui revient chaque année mais peut aussi éclore plus loin, là où la pluie et le vent voudront bien faire germer ses graines. J’aimerais qu’elles prennent leurs aises car le souci joue un rôle intéressant dans le potager en accueillant notamment les Macrolophus, un genre d’insectes dont les larves et les adultes se nourrissent principalement d’acariens, de pucerons et autres prédateurs végétaux du jardin.

Le temps d’enfouir les orties et la consoude dans le compost et de recouvrir le tas, nous voilà de nouveau sur la route dans l’odeur des premiers feux de cheminée.


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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre

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