Le jardin sans pétrole - Les trocs verts fleurissent sur le bitume

Durée de lecture : 2 minutes

27 juin 2015 / Christine Laurent (Reporterre)

De tous temps les jardiniers ont échangé graines et plantes, et maintenant que les potagers s’installent dans les villes, les trocs verts fleurissent sur le bitume.


Dimanche matin, Léonie et moi sommes parties au jardin avec deux pieds de framboisier et un plant de mélisse. Ça bringuebalait un peu dans la sacoche mais les plantes sont arrivées entières au jardin. Nous les avons rapportées de chez nos amis déjà pourvoyeurs des cassissiers en 2013, cassissiers qui n’étaient alors que de minces rameaux de bois. Ils portaient juste quelques radicelles obtenues en les plongeant dans l’eau pendant quelques semaines.

Dix-huit mois plus tard, nous pouvons cueillir notre première production. Ils ne sont pas aussi prolifiques que leurs parents ! Ces derniers portent tant de belles grappes de fruits noirs que nos amis ont été obligés de les couvrir d’un filet pour tenir éloignés les oiseaux. Nos quatre arbustes nous ont donné en tout 320 grammes de fruits que nous avons transformés en un pot et demi de confiture, sitôt rentrées à la maison.

Nombre d’arbustes comestibles se multiplient ainsi par bouturage à partir d’un rameau de l’année qui ne demande qu’à être remis en terre pour donner vie à une nouvelle plante. De tous temps les jardiniers ont échangé graines et plantes, et maintenant que les potagers s’installent dans les villes, les trocs verts fleurissent sur le bitume. Nos deux framboisiers de l’Aisne ont pris place dans le jardin après un effort certain pour parvenir à ameublir la terre où nous les avons plantés.

Après l’assaut dévastateur de début juin, les campagnols sont maintenant plus calmes. A l’aide de la grelinette et de l’arrosoir, je parviens à combler les galeries qui pourraient mettre à mal les betteraves, carottes et choux dont les racines plongeaient dans le vide.

Pour l’instant la sécheresse reste le problème majeur et la dureté du sol est telle qu’il semble déserté par tous les animaux encore si actifs il y a trois mois.

De l’eau, de l’eau et encore de l’eau ! J’ai déversé au moins quarante arrosoirs sur les fraises, les poireaux, les salades, les courges, les maïs, les haricots, les choux, les carottes, les tomates, les basilics, la coriandre, la ciboulette, les fèves, les pois, les artichauts, les capucines, les framboisiers…

Ils devaient avoir bien soif les campagnols là-dessous !


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Source : Christine Laurent pour Reporterre

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