Le jardin sans pétrole - Quand les mots s’épanouissent dans les fleurs

Durée de lecture : 2 minutes

12 septembre 2015 / Christine Laurent (Reporterre)

Cresson alénois, agastaches au parfum de menthe-réglisse, soucis, roses d’Inde, poacées, eupatoire chanvrine... « Pour un tel inventaire, il faudrait un Prévert. » La fantaisie lexicale traduit toute la richesse du jardin qui, en ce début d’automne, reprend mille formes et mille couleurs.

On a fait une petite halte dans le parc du domaine de Chamarande pour goûter les plats locavores de la « cuisine mobile ». Celle-ci arrive chaque week-end à vélo dans la cour du château depuis son entrepôt situé dans les dépendances.

Aujourd’hui, Anne, la cuisinière, nous fait goûter sa carte, arrosée de vin de cresson et de bière de Seine-et-Marne. Lestés de potage de cresson, terrine de croque-monsieur, flan à la crème et sorbets rhubarbe-fleur de sureau et cerise menthe de Milly la Forêt, nous avons pédalé jusqu’au jardin. Le tapis d’herbes naissantes de la semaine dernière a bien poussé, invitant à la sieste…

Le cresson alénois et les radis sont sortis de terre. La mâche est plus lente à venir. Sur le carré bien propre et enrichi de compost où nous l’avons semée une bosse signale la présence d’une nouvelle galerie de rats taupiers. Jean-Marie en profite pour déplacer le piège sur cette galerie "active". Celle au-travers de laquelle le piège était installé n’a attrapé aucun de ces rongeurs végétariens. Nous n’en voulons qu’un ! Notre objectif est de l’incinérer et de répandre sa cendre dans le potager pour limiter la population du chapardeur.

Agastache rugosa au goût menthe-réglisse

Cette semaine nous avons encore cueilli des tomates (1 kg), des haricots verts (1 kg), de l’oseille, de la sarriette, du romarin, du thym, de la menthe et de la ciboulette. Les abeilles ont toujours de quoi se nourrir avec les cosmos, les agastaches au parfum de menthe-réglisse, les verveines, les soucis et les roses d’Inde.

Nous poursuivons notre nettoyage autour du potager et plus particulièrement dans et aux abords de la fosse que nous avons creusée (enfin nous, c’est surtout Jean-Marie). Les ronces, le chardon, les picrides et diverses poacées ont envahi cette terre remuée pauvre en humus.

L’Eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum), une belle indigène d’Ile-de-France

L’eupatoire chanvrine est quand même revenue. Cette vivace est une plante de lisière forestière qui fleurit en été. Elle est déjà passée et ses fleurs rose-mauve virent au brun-brique. J’apprends que cette plante n’est pas comestible mais qu’elle peut constituer un remède très efficace contre la grippe et autres infections virales. Mais Léonie a un projet pour ces longues tiges qui atteignent un mètre. Patiemment, elle les débarrasse des feuilles et des fleurs qui iront dans le compost et les rassemble en bouquet. Avec l’intention d’en faire des décorations pour Noël. Déjà !


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Source : Christine Laurent pour Reporterre

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