Le projet Yasuni cache-t-il une exploitation pétrolière accrue ?

24 septembre 2010 / Paroles de nature




En Amazonie, l’extraction pétrolière génère des désastres écologiques et humains, provoque la pauvreté des populations autochtones, paysannes et métisses.

Le risque d’ouverture de 8 nouveaux blocs pétroliers en Equateur est bien réel ; c’est plus de 1 600 000 hectares de forêt Amazonienne qui sont menacés, dont le territoire du peuple Kichwa de Sarayaku.

L’initiative Yasuni propose un modèle positif. Il s’agit de laisser sous terre 846 millions de barils de pétrole ce qui limitera l’émission de CO2. En échange, l’Etat équatorien demande aux pays les plus polluants de verser la moitié des 3500 millions de dollars, valeur du pétrole laissé sous terre. Les fonds participeront au développement d’énergies renouvelables et à la protection de réserves naturelles.

Cependant la politique gouvernementale de Yasuni ne manque pas de contradictions et d’ambiguïtés :
- le bloc ITT ne représente que 200.000 hectares, au cœur du Yasuni qui couvre une superficie de 980.000 hectares ;
- le bloc pétrolier 31, pourtant situé dans le parc, est prêt à être exploité ;
- la Loi des Mines et Hydrocarbures a été votée sans respecter la consultation préalable des peuples indigènes, comme le prévoit la Constitution. L’Etat équatorien se prépare à ouvrir de nouvelles frontières pétrolières vers les territoires collectifs des peuples amazoniens ;
- face aux critiques, le gouvernement équatorien persécute les dirigeants du mouvement indigène d’Équateur en les criminalisant.

Au total, le gouvernement équatorien cherche surtout des solutions économiques à ses besoins. Il est clair que si les fonds étrangers n’arrivent pas, Yasuni sera exploité.

La communauté internationale doit s’engager à « yasuniser » tous les territoires indigènes. La lutte contre la pauvreté ne peut être menée en violant les droits des peuples indigènes, en polluant les écosystèmes et en détruisant la nature.

Plus de 100 artistes se solidarisent avec le Peuple Kichwa de Sarayaku et vous invitent à soutenir la "Frontière de Vie", projet de lutte pacifique du Peuple Kichwa de Sarayaku pour la défense de la forêt amazonienne et des peuples indiens qui y vivent. A travers la beauté et la force de toutes les formes d’art, les artistes proposent ainsi un acte de résistance pacifique, poétique et concrète face à la destruction de la nature.





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Source : Communiqué de presse.

Infos sur l’exposition : http://www.frontieredevie.fr/email/...

Ecouter aussi : Qu’est-ce que le projet Yasuni et pourquoi est-il important ? http://www.reporterre.net/spip.php?...

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