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Libérez Autolib’ !

Durée de lecture : 2 minutes

7 décembre 2011 / Hervé Kempf

« L’autopartage sera coopératif ou ne sera pas. »


Ainsi donc, la capitale de la France s’encombre d’une catégorie supplémentaire de véhicules à moteur. Trois mille autos électriques seront progressivement disponibles en accès libre aux personnes abonnées au service dit Autolib’. Celles-ci pourront emprunter une voiture à une station et la déposer dans n’importe quelle autre station des quelque quarante communes voisines de Paris participant au système.

Ce nouveau dispositif a été conçu dans la foulée de Vélib’, les vélos accessibles à tous. Il permettrait aux Parisiens de ne plus posséder d’automobile tout en circulant de façon non polluante. Mais si les écologistes avaient applaudi des deux mains au lancement de Vélib’, ils critiquent vivement Autolib’. D’abord, le bilan environnemental de l’auto électrique ne semble pas positif, puisque la production de l’électricité nécessaire à la mouvoir est toujours polluante, qu’il s’agisse de fossile ou de nucléaire - sans oublier, bien sûr, la masse de métaux et de plastique que représente la voiture elle-même. En fait, soulignent les Amis de la Terre, au lieu de pousser à « la réduction de la consommation énergétique », Autolib’ « encourage le déploiement d’une filière industrielle de voitures électriques ».

Imaginons que celle-ci rencontre le succès. Le nombre d’automobiles et de camionnettes dans le monde dépasse 1,3 milliard d’engins. Qui peut croire que leur substitution par autant de véhicules électriques améliorerait vraiment l’impact écologique de ce parc ? L’enjeu réel est de faire diminuer le nombre de véhicules. De ce point de vue, Autolib’est-il si négatif ? « Nous voulons amener les Parisiens à constater que l’essentiel n’est pas la possession mais bien l’usage d’une voiture », dit Annick Lepetit, adjointe au maire de Paris. A quoi Europe Ecologie-Les Verts répond que « l’autopartage existe à Paris depuis plusieurs années » sous forme de nombreuses petites sociétés de location et associations de covoiturage. Pourquoi privilégier une firme - en l’occurrence Bolloré, maison mère d’Autolib’ ?

Car dans la mobilité partagée, autant que le véhicule compte le réseau informatique qui met en contact les usagers et les moyens de transport. Avec Autolib’, le contrôle du réseau est détenu par une compagnie, alors qu’il pourrait être géré par la communauté, à la façon de Wikipédia et des logiciels libres, comme le suggère Yves Heuillard sur le site Ddmagazine.com. L’autopartage sera coopératif ou ne sera pas.




Source : Cet article est paru dans Le Monde daté du 7 décembre 2011.

Photo : Mobilité partagée

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