Notre Dame des Landes : oui, il y a eu des excès du côté zadiste, mais compréhensibles face au « sur-excès » de la police

Durée de lecture : 3 minutes

17 avril 2013 / Bruno Dalpra (Collectif Alsace de soutien à NDDL)




Le collectif Alsace de soutien à Notre-Dame-des-Landes a appelé à manifester lundi à 16h devant la préfecture du Bas-Rhin et de la région Alsace.

Nous étions une dizaine, nous avons déployé nos banderoles et nous sommes restés plus de deux heures pour montrer notre soutien à la ZAD et dénoncer les opérations militaires et policières du jour. Étaient présents : des indignés, quelques membres du parti de gauche, d’EELV et des citoyens.

La journée d’hier est une triste journée qui nous renvoie vers le 23 novembre dernier à la différence que les propos de l’ACIPA (1) tranchent avec la mobilisation.

Nous comprenons que l’Association veuille se démarquer des violences de certains "ultras", mais avec la présence de 70 fourgons comptabilisés selon les sources, cela représente entre 500 et 800 hommes sur le pied de guerre. L’État était près.

Nous regrettons de constater les dégradations faite sur la D81 qui mène à la Châtaigneraie, nous regrettons les dérangements sur les populations locales que peuvent engendrer certains éléments difficiles à contrôler en revanche, nous ne pouvons pas admettre que les troubles de la journée du 15 avril leur soient imputables totalement. Lorsque l’on constate qu’il y a eu différentes opérations comme dans la forêt de Rohanne, que les forces de l’ordre sont allés jusqu’à la Châtaigneraie, on ne peut pas dire que ces manœuvres soient la résultante de quelques éléments perturbateurs.

A titre personnel, j’ai été en contact avec de nombreuses connaissances sur le terrain entre hier et aujourd’hui. Nous sommes tous d’accord pour regretter les agissements de certains éléments sur la ZAD mais nous ne comprenons pas non plus l’attitude “protectrice” de l’ACIPA. Le déploiement militaire et les actions menées par les forces dont certaines en tenue kaki n’ont été largement plus loin que de la simple réaction à des “provocateurs”.

L’amorce de dialogue engagé sur le dossier ne doit pas également rendre frigides les différents acteurs engagés dans la bataille contre le projet d’aéroport. Les opposants historiques ont bien entendu une parole plus forte, mais les défenseurs de la ZAD plus récemment installés sont les artisans de la non-réalisation des travaux sur la zone et il ne faudrait pas minimiser leur droit d’action sous prétexte de quelques agitateurs.

Malheureusement, comme dans toute système, parti politique en tête, il y a toujours des brebis galeuses. N’oublions pas que certains habitants de la ZAD vivent depuis plus de trois ans dans des conditions qui ne sont pas toujours évidentes et que la pression des forces de l’ordre est psychologiquement pas toujours évidente à gérer.

Il ne faut pas simplement regarder les faits et crier au loup, il faut aller plus loin dans la réflexion.

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(1) Communiqué de l’Acipa à lire dans « Violents heurts avec la gendarmerie »






Source : Courriel à Reporterre du Collectif Alsace de soutien à NDDL

Photo : La dépêche

Consulter par ailleurs : Dossier Notre Dame des Landes

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