Températures record et incendies de forêt dans l’hémisphère Nord

Durée de lecture : 3 minutes

21 juillet 2018 / Élisabeth Schneiter (Reporterre)



La vague de chaleur qui écrase l’hémisphère Nord bat tous les précédents records et s’accompagne d’incendies très étendus. Cette hausse des températures surprend d’autant plus que la Terre est entrée dans la phase climatique La Niña, qui suscite normalement un refroidissement.

Des températures record ont été enregistrées dans une grande partie du monde cette semaine, et une vague de chaleur inhabituellement prolongée et étendue intensifie les inquiétudes face aux changements climatiques. Une grande partie de l’hémisphère Nord a été submergée par un temps inhabituellement chaud, battant tous les records de l’Algérie à la Californie, et provoquant des incendies de la Sibérie au Yorkshire (Angleterre). L’Ukraine a été particulièrement touchée par les incendies de forêt.

Le mois de juin a été marqué par des pénuries d’électricité en Californie, la chaleur record ayant provoqué une hausse de la demande de climatiseurs. L’Algérie a connu la température la plus chaude jamais enregistrée en Afrique. La Grande-Bretagne, quant à elle, a connu sa troisième plus longue vague de chaleur, faisant fondre la membrane « imperméable » du toit du Glasgow Science Centre qui a coulé dans le bâtiment sous forme de liquide noir et gluant. C’est la vague de chaleur la plus longue que la Grande-Bretagne ait connue en 42 ans, avec moins de 47 mm de pluie entre le 1er juin et le 16 juillet. Une photo prise de l’espace en mai montre le pays encore couvert de vert, mais une autre image récente montre que la surface a maintenant une couleur brune.

L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a déclaré que la hausse des températures était en contradiction avec le phénomène climatique cyclique mondial connu sous le nom de La Niña, qui est généralement associé au refroidissement.

Les incendies ne sont pas nouveaux, c’est leur étendue qui est inquiétante 

Le programme d’observation de la Terre Copernicus a relevé plus de 60 incendies en Suède, en Norvège, en Finlande et en Russie, et dans tout le cercle polaire arctique. Copernicus, dirigé par la Commission européenne en partenariat avec l’Agence spatiale européenne (ESA), est le plus grand programme d’observation de la Terre, et il fournit, entre autres, des mises à jour quotidiennes sur les incendies en Europe.

Les incendies ne sont pas nouveaux, c’est leur étendue qui est inquiétante, d’autant que des incendies de plus en plus importants sont signalés dans d’autres régions du Grand Nord comme le Groenland, l’Alaska, la Sibérie et le Canada.

Les étincelles qui les provoquent proviennent de sources diverses, humaines : barbecues, cigarettes, et très souvent d’éclairs, de plus en plus fréquents à mesure que la planète se réchauffe.

Les autorités suédoises prévoient un risque d’incendie « extrêmement élevé » dans les prochains jours, en raison de températures anormalement supérieures à 30 °C. La Norvège a envoyé six hélicoptères de lutte contre l’incendie en réponse à la demande d’assistance de son voisin. L’Italie a envoyé à Örebro dans le centre-sud de la Suède, deux Canadairs CL-415, qui peuvent déverser 6.000 litres d’eau à chaque passage.





Lire aussi : L’incendie de l’Alberta, parabole de l’époque

Source : Élisabeth Schneiter pour Reporterre

Photos :
. chapô : incendie en Ontario (Canada). ONfeudeforet sur Twitter

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