Une mobilisation populaire pour relever le défi climatique

Durée de lecture : 4 minutes

3 décembre 2014 / Jon Palais (Alternatiba)

Le climat ? Oui, mais... c’est loin, abstrait, compliqué. Et pourtant, cela concerne la vie de chacune et de chacun, et particulièrement des plus pauvres. Pour rendre populaire cette question vitale, Alternatiba prépare un grand tour de France à vélo - et appelle à rejoindre le mouvement.


L’année 2015 s’annonce comme une année de mobilisation citoyenne sur le climat, avec en ligne de mire le sommet mondial de l’ONU sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre (la COP21). Une année de mobilisation, mais de qui exactement ? Si nombre de militants et d’organisations sont déjà en train de se préparer, qu’en sera-t-il des citoyens plus largement ? Pourquoi et comment pouvons-nous toucher les gens au-delà du cercle des convaincus ?

Les personnes les plus sensibilisées à la question ont compris que le climat était un enjeu crucial pour l’avenir de l’humanité. Que la trajectoire actuelle nous amène vers une augmentation de la température qui correspond à un changement d’ère géologique, qui menace les conditions de vie civilisées sur Terre. Que ce changement pourrait être plus brutal et plus rapide que ce que nous pouvions prévoir il y a quelques années encore. Qu’il ne s’agit plus de la survie des générations futures, mais de celle des enfants qui naissent aujourd’hui même.

Un sentiment de sidération

Alors que le dérèglement climatique est un défi sans précédent dans l’histoire de l’humanité, qu’il concerne tous les habitants de la planète, ce phénomène semble demeurer une préoccupation réservée aux seuls écologistes. Plusieurs choses peuvent expliquer qu’on ne s’alarme pas davantage de la situation extraordinaire dans laquelle nous nous trouvons. C’est un phénomène abstrait, global, difficile à appréhender, qui semble irréel à beaucoup d’entre nous. Et pour les personnes qui prennent conscience de ce dont il s’agit véritablement, la vérité est si dure à affronter qu’elle provoque facilement un sentiment de sidération, qui conduit à la résignation et au fatalisme.

Or, les alternatives au dérèglement climatique existent. C’est ce que contribue à démontrer la dynamique Alternatiba en transformant, le temps d’une journée ou d’un week-end, des centre-villes en « villages des alternatives ». Dans une ambiance conviviale et festive, ces villages exposent au plus grand nombre des alternatives qui sont expérimentées dans tous les domaines de la vie quotidienne, et qui permettent non seulement de baisser nos émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de construire un monde meilleur, plus juste, plus humain, plus désirable.

Depuis un an, neuf villages se sont tenus, et cinquante-six autres sont en cours de préparation, donnant vie à la phrase que Stéphane Hessel nous laissait en héritage en parrainant le premier Alternatiba à Bayonne : « Ensemble, construisons un monde meilleur en relevant le défi climatique ! »

Le climat ne doit pas être une question réservée aux écologistes ou aux « bobos ». Au contraire, le climat est d’abord l’affaire des personnes les plus précaires et les plus pauvres, car ce sont les premières à subir les impacts du dérèglement climatique. Si cela est flagrant dans les pays du Sud, où le changement du climat est déjà une tragédie pour des milliers de personnes victimes des événements climatiques extrêmes, c’est également vrai dans les pays du Nord pour des personnes en situation de précarité énergétique, par exemple.

À cet égard, le partenariat entre Bizi ! et Emmaüs Lescar, qui a permis de lancer le premier Alternatiba à Bayonne, fait profondément sens, pour celles et ceux qui considèrent la climat comme une question à la fois sociale et écologique. Aujourd’hui plus que jamais, nous avons besoin d’un grand mouvement populaire pour relever le défi climatique. Précisément parce qu’il faut changer le système, et donc notre mode de vie, nous devons le faire avec le plus grand nombre. Nous n’empêcherons pas le chaos climatique si les écologistes restent les seuls à mener la bataille. Mais nous relèverons ce défi avec un grand mouvement populaire.

C’est ce à quoi veut contribuer le mouvement Alternatiba, en lançant aujourd’hui un nouveau pari avec le Tour Alternatiba. Du 5 juin au 26 septembre, un vélo quatre places va parcourir 5.000 kilomètres en passant de ville en village pour porter encore plus loin le message d’Alternatiba. Symbole de la transition écologique, de la solidarité et de l’effort collectif, le vélo quatre places, emblème d’Alternatiba, fera étape dans cent quatre-vingt territoires où seront organisées des animations pour tous les publics.

Sportifs et pompiers pour le climat

Le but est d’organiser ces étapes avec des citoyens et des collectifs de tous horizons : non seulement des associations de défense de l’environnement et des sections syndicales, mais aussi des clubs de sport, des groupes de musique, des casernes de pompiers, etc. Il est temps de sensibiliser et de mobiliser bien au-delà du cercle des convaincus. Ce sera le sens de ce Tour Alternatiba « 5 000 kilomètres pour le climat ».

Aujourd’hui se lance une grande campagne de financement participatif afin de rassembler les 61 340 euros nécessaires aux frais logistiques de ce Tour. Chacun peut y participer, à la hauteur de ses moyens, en donnant un coup de pouce financier sur Alternatiba.



Source : et photos : Jon Palais pour Reporterre.

Reporterre est partenaire d’Alternatiba.

Consulter le Dossier Changement climatique.

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