+2,8 °C en 2100 : l’alerte de l’ONU sur la trajectoire du monde
Les nouveaux engagements des États en 2025 « n’ont pratiquement pas fait bouger les choses », alerte l'ONU. - Pxhere/CC0
Les nouveaux engagements des États en 2025 « n’ont pratiquement pas fait bouger les choses », alerte l'ONU. - Pxhere/CC0
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Le manque d’ambition des États dirige le monde vers une « grave escalade des risques et des dommages climatiques », alerte le Programme des Nations unies pour l’environnement dans un rapport publié le 4 novembre.
Même en mettant intégralement en œuvre leurs plans climatiques, les membres des Nations unies ne parviendraient jamais qu’à limiter le réchauffement climatique à 2,3 ou 2,5 °C d’ici à la fin du siècle — bien au-delà de l’objectif défini en 2015 lors de la signature de l’Accord de Paris, qui prévoyait de contenir le réchauffement en dessous de 2 °C, voire 1,5 °C. Plus inquiétant : au vu de leurs politiques actuelles, la température moyenne mondiale devrait être supérieure de 2,8 °C par rapport à son niveau préindustriel en 2100.
Dans l’édition précédente de ce rapport, publiée en 2024, l’Organisation des Nations unies (ONU) estimait que les plans climatiques de ses membres mèneraient la planète vers un réchauffement de 2,6 à 2,8 °C. L’amélioration constatée en 2025 n’est que de surface : « Les mises à jour méthodologiques expliquent 0,1 °C de cette amélioration, précisent les auteurs du rapport, et le retrait imminent des États-Unis de l’Accord de Paris annulera 0,1 °C supplémentaire. » Autrement dit : les nouveaux engagements des États en 2025 « n’ont pratiquement pas fait bouger les choses ».
Pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C, il faudrait que les émissions de gaz à effet de serre mondiales diminuent de 55 % (par rapport à leurs niveaux de 2019) dans les dix prochaines années. « Compte tenu de l’ampleur des réductions nécessaires, du peu de temps disponible pour les réaliser et du climat politique difficile, un dépassement supérieur à 1,5 °C se produira très probablement au cours de la prochaine décennie », prévient l’ONU.
Rappelant que « chaque fraction de degré en moins signifie moins de destructions pour les peuples et les écosystèmes », et moins de risques de franchir des points de bascule irréversibles, l’organisme international appelle les États à réduire drastiquement leurs émissions, au plus vite. « Les technologies bas carbone nécessaires pour réduire considérablement les émissions sont disponibles. La communauté internationale peut accélérer l’action climatique, si elle le souhaite. »