À Lyon, le Front populaire réveille l’espoir
En 2022, la jeune femme avait conquis sous les couleurs de la Nupes la 3e circonscription du Rhône, tenue par la majorité présidentielle. - © Moran Kerinec / Reporterre
En 2022, la jeune femme avait conquis sous les couleurs de la Nupes la 3e circonscription du Rhône, tenue par la majorité présidentielle. - © Moran Kerinec / Reporterre
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La députée Les Écologistes sortante Marie-Charlotte Garin a lancé la campagne des législatives du Front populaire à Lyon. Un meeting lors duquel les militants ont redoublé de ferveur pour ne pas voir la France « sombrer ».
Lyon, reportage
L’ampli grésille, s’éteint, se rallume... Puis laisse enfin échapper la voix amplifiée de Marie-Charlotte Garin. « Vous nous excuserez, nous n’avions pas prévu de repartir en campagne », sourit la députée sortante de la 3e circonscription du Rhône. L’élue Les Écologistes a réuni ce mardi soir ses militants et sympathisants pour démarrer la campagne des législatives anticipées. Près de 200 personnes sont venues assister à ce premier meeting placé sous la bannière du Front populaire. Faute de place face à cette foule trop dense, le bar du centre-ville de Lyon réservé pour l’occasion a été abandonné à la dernière minute pour une esplanade ensoleillée.
Le temps presse. Après le score historique du Rassemblement national aux élections européennes et la dissolution de l’Assemblée nationale, l’extrême droite est aux portes du pouvoir. Les élus de gauche n’ont que trois semaines pour inverser la dynamique électorale. « Le bloc centriste libéral s’est effondré après avoir été le marchepied du Rassemblement national pendant sept ans. C’est à nous de proposer un autre chemin, celui du Front populaire », présente Marie-Charlotte Garin.
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Sa candidature n’a pas fait débat. À seulement 26 ans en 2022, la jeune femme a conquis sous les couleurs de la Nupes (Nouvelle union populaire écologique et sociale) la 3e circonscription du Rhône, tenue par la majorité présidentielle, avec 54,79 % des voix et 15 points d’avance sur la candidate Renaissance Sarah Peillon. « Marie-Charlotte porte un discours de colère mais sans violence, qui est plus audible et plus rassembleur que d’autres », décrit Mette, une sympathisante qui suit le parcours de la députée depuis sa première campagne. « Avec ses deux ans de politique à l’Assemblée, ses faits d’armes sur la constitutionnalisation du droit à l’IVG et ses combats dans la commission des affaires sociales, elle a acquis encore plus de crédibilité », apprécie-t-elle.
Des militants décidés à s’investir
Le discours de la candidate du Front populaire est aussi éclair que la campagne à venir. « On n’a pas le temps, on veut de l’opérationnel », appuie-t-elle. Première mission : s’assurer du vote du plus grand nombre. « Est-ce que vous avez besoin de quelqu’un pour porter une procuration ? » demande un jeune écologiste à la cantonade, appuyant sa liste sur un skate pour rédiger le nom des volontaires. « On a déjà réuni plus de trente volontaires », souffle une militante. Viennent ensuite les tractages et le porte-à-porte. « Est-ce que vous savez dans quelle circonscription vous vivez ? », interroge une jeune femme en présentant une carte dotée de QR pour entrer dans les boucles Telegram et Signal de la campagne. « Il faut montrer que c’est la gauche qui peut apporter les solutions pour lutter contre les inégalités, les discriminations, le réchauffement climatique et pour ouvrir un nouveau chemin démocratique », énumère la candidate de l’union des gauches.
Ses mots pansent le moral des militants, dont beaucoup sont encore groggy après la soirée de dimanche. Sonné par l’annonce de dissolution, Félix a réfléchi toute la nuit avant de se décider à passer le pas : « Je m’étais peu investi sur la précédente campagne, mais cette fois je suis déterminé à ne pas voir ce pays sombrer du mauvais côté de l’histoire. » Plus loin dans la foule, Alixe abonde : « C’est maintenant ou jamais, on va clairement être à contre-courant, alors je vais prendre ma carte pour aider financièrement. » Venu chercher « l’énergie du début de campagne pour se dire qu’on n’est pas seul », Sébastien va lui « s’investir pour aller parler à un maximum de personnes et mobiliser [ses] potes abstentionnistes pour aller aux urnes les 30 juin et 7 juillet ». Cet ingénieur observe la foule avec espoir : « Si la dissolution peut rassembler la gauche et faire en sorte qu’on arrête de se taper dessus, c’est plutôt enthousiasmant ! »
Cette unité saura-t-elle résister aux querelles de clocher et aux ambitions personnelles ? « Le peuple de gauche n’a pas le luxe d’une union à géométrie variable, avertit Marie-Charlotte Garin. Ce que je vois à l’Assemblée nationale depuis deux ans, c’est que l’immense majorité porte des combats identiques à gauche. C’est sur ça qu’on doit se concentrer aujourd’hui, pas seulement pour construire une campagne, mais bâtir la société de demain. »