Alerte à l’altise, qui boulotte les salades du jardin sans pétrole

23 juin 2018 / Christine Laurent (Reporterre)

L’altise est un petit insecte grand amateur de crucifères. Son réveil au Jardin sans pétrole laisse les jardiniers démunis, et sans salade.

Avec toutes ces limaces, on a évité de pailler ! Juste quelques feuilles de bambou venant des tuteurs fabriqués pour les tomates et les fèves. Cela n’a pas suffi à protéger la terre des fortes précipitations, avec pour conséquence la formation d’une croûte bien dure en surface que même les herbes folles n’ont pas percée. Après les limaces et la sécheresse, c’est la pluie battante qui a eu raison de nos semis d’arroche rouge, d’amarante verte, de scarole.

Et cette sécheresse soudaine a réveillé l’insecte le plus difficile à réguler dans un jardin de week-end. Il s’agit d’une altise, un tout petit coléoptère qui appartient à la même famille que la chrysomèle du romarin ou le doryphore, qui boulottent le feuillage des pommes de terre. D’à peine quelques millimètres de longueur, doté de pattes arrière qui lui permettent de sauter dès qu’on le dérange, l’altise naît et grandit dans la terre sous les feuilles mortes, les tas d’herbe ou les mottes de terre. Il sort de son hibernation vers la mi-mai à la recherche de sa plante hôte. L’altise qui a poinçonné notre roquette s’intéresse aux crucifères. D’abord à la ravenelle ou la cardamine, fleurs sauvages connues de cette famille botanique. Mais pour pondre, la femelle cherche de meilleurs plants, de roquette, chou Mizuna ou chou, au pied desquels elle pourra pondre ses œufs par dizaines. Pour cela, elle peut voler sur plus d’un kilomètre, aidée par les petites ailes cachées sous ses élytres. Une dizaine de jours plus tard, les larves commencent à ronger les racines et une douzaine de jours plus tard encore, parvenue à l’âge adulte, les attises s’attaquent aux feuilles… Toute la roquette qui avait miraculeusement germé est criblée de minuscules trous. Autant dire que l’animal ne fait pas dans la dentelle !

Le moyen le plus efficace reste les filets anti-insectes 

Les parades sont difficiles : poudre de roches ou d’œuf, décoction d’ail et de piment… les retours d’expériences sont mitigés. L’arrosage matinal du feuillage et l’écroutage régulier de la terre autour des plantes agacent le coléoptère. Le moyen le plus efficace reste les filets anti-insectes que nous ne nous sommes pas autorisés à employer dans notre jardin sans pétrole…

Il y a encore plein de fraises à rapporter. Nous les avons rangées méticuleusement dans des godets de récupération tapissés de feuilles avant de les placer dans nos sacoches en séparant les étages avec de larges feuilles de cardon. C’est ainsi chargés de fraises que nous avons roulé vers la gare du RER direction Paris… sans salade. Une première en cette saison depuis que nous avons ce lopin.


Puisque vous êtes ici...
... nous avons une faveur à vous demander. Il n’y jamais eu autant de monde à lire Reporterre, mais nos revenus ne sont pourtant pas assurés.
Contrairement à une majorité de médias, nous n’affichons aucune publicité, et laissons tous nos articles en libre accès, afin qu’ils restent consultables par tous. Reporterre dépend en grande majorité des dons de ses lecteurs. Le journal, indépendant et à but non lucratif, compte une équipe de journalistes professionnels rémunérés, nécessaire à la production quotidienne d’un contenu de qualité. Nous le faisons car nous croyons que notre point de vue, celui de l’environnement et de l’écologie, compte — car il est aussi peut-être le vôtre.

« Notre société a besoin d’un média qui traite des problématiques environnementales de façon objective, libre et indépendante, en restant accessible au plus grand nombre ; soutenir Reporterre est ma manière de contribuer à cette démarche. » Renan G.

Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1€, vous pouvez soutenir Reporterre - et cela ne prend qu’une minute. Merci. Soutenir Reporterre





Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre.

Lire aussi : toutes les chroniques du Jardin sans pétrole

Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre sauf :
. chapô : une altise sur une feuille de roquette. Wikipedia (Arn/CC BY-SA 4.0)

DOSSIER    Jardin sans pétrole

20 novembre 2018
L’étonnante histoire de la France... il y a vingt mille ans
À découvrir
19 novembre 2018
Quand les gilets jaunes manifestent... à vélo !
Reportage
20 novembre 2018
La Polynésie marquée à jamais par les essais nucléaires français
Info


Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre

Dans les mêmes dossiers       Jardin sans pétrole





Du même auteur       Christine Laurent (Reporterre)