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Politique

Alors que Volkswagen est pris la main dans le sac, EELV lance son plan contre la pollution de l’air

EELV a tenu lundi 21 septembre une conférence de presse autour de la lutte contre la pollution atmosphérique, présentée comme le « cheval de bataille pour la prochaine mandature » par Emmanuelle Cosse. Un sujet qui semble fédérateur et pour lequel les écologistes ont présenté un plan de trois milliards d’euros sur six ans.

C’est un choc énorme dans toute l’industrie automobile : un des plus grands groupes mondiaux de ces véhicules, Volskwagen, a reconnu qu’il avait falsifié les paramètres pollution de ses engins. Les Etats-Unis et l’Etat de Californie ont accusé vendredi 18 septembre le constructeur allemand d’avoir délibérément contourné les règles en vigueur en matière de lutte contre la pollution atmosphérique. L’agence américaine de protection de l’environnement (EPA) reproche au groupe d’avoir équipé des modèles diesel VW et Audi, entre 2009 et 2015, d’un logiciel permettant de contourner les tests d’émission de certains polluants atmosphériques.

La conférence de presse d’EELV : de gauche à droite, Bénédicte Monville-De Cecco, Christophe Najdovski, Corinne Rufet, Emmanuelle Cosse, Pierre Serne, Denis Baupin

Dans ce contexte, la présentation par le parti écologiste EELV (Europe Ecologie Les Verts) de son plan anti-pollution de l’air ne pouvait mieux tomber : un utile rappel que cette pollution sournoise est une des plus nuisibles au bien-être de la société.

Emmanuelle Cosse, la secrétaire nationale d’EELV, également tête de liste en Île-de-France pour les élections régionales prévues pour décembre, a décidé d’en faire son « objectif majeur » de campagne. Un enjeu si important qu’il est parvenu à rassembler EELV, le temps d’une conférence de presse, qui se tenait lundi 21 septembre : Cécile Duflot et Denis Baupin, tous deux députés de Paris mais opposés l’un à l’autre sur les stratégies d’alliance, siégeaient côte à côte pour défendre le plan de lutte contre la pollution atmosphérique présenté par leur parti.

"Cheval de bataille"

En convoquant aux côtés des deux députés Corinne Rufet et Pierre Serne (vice-présidents de l’actuel conseil régional d’Île-de-France, en charge de l’environnement, de l’énergie et de l’agriculture pour la première et des transports et de la mobilité pour le second), mais également Christophe Najdovski (maire-adjoint de Paris aux transports), le message était clair : à toutes les échelles du pouvoir où ils sont en responsabilité, les écologistes portent une politique ambitieuse sur le sujet.

« On ne peut plus attendre que ce soit l’Etat qui change la donne, il faut une action extrêmement forte de la Région notamment, en la matière, assénait Emmanuelle Cosse. La pollution sera notre cheval de bataille pour la prochaine mandature. »
« 90 % des Franciliens sont au-dessus des seuils fixés par l’OMS [Organisation mondiale de la santé, Ndlr] sur les particules fines », affirmait Christophe Najdovski, tandis que Bénédicte Monville-De Cecco, tête de liste en Seine-et-marne, insistait sur les inégalités sociales qui caractérisent ce phénomène : « Une étude récente a montré que c’étaient les classes populaires qui étaient les plus exposées aux risques de la population. »

Les écologistes proposent un plan de trois milliards d’euros pour les six ans de la mandature. « Lutter pour une meilleure qualité de l’air nécessite des investissements », rappelle Emmanuelle Cosse. Des investissements qui pourraient être financés par la mise en place d’une « pollutaxe », principalement destinée aux poids-lourds et aux autocars. « Car il ne doit plus y avoir d’impunité à polluer. »

Quinze mesures-clés

Pour quelles mesures ? 750 millions d’euros pour aider 300 000 ménages modestes à changer leurs véhicules polluants (à raison de 2 500 euros par véhicule) et 77 millions consacrés à offrir 1 an d’abonnement Navigo aux Franciliens qui abandonneraient leur véhicule polluant, 200 millions d’euros pour le financement (à 50 %, avec plafond de 400 euros) de 500 000 vélos et 100 millions d’euros pour l’extension du réseau cyclable dans la région.

C’est une batterie de quinze mesures-clés qui sont ainsi proposées, parmi lesquelles les entreprises ne sont pas en reste : 375 millions d’euros devraient aussi aider 150 000 artisans, TPE (très petites entreprises) et PME (petites et moyennes entreprises) à investir dans des véhicules utilitaires plus propres, tandis que 100 millions d’euros seront dédiés à créer un service public d’autopartage en grande couronne, pour une flotte de 10 000 véhicules propres. A noter aussi l’ambition de convertir l’intégralité de la flotte de bus – soit 6 000 véhicules – en mode Zéro Diesel d’ici 2021, pour un coût estimé à 750 millions d’euros.

« Chacune de nos propositions est budgétée », insiste Pierre Serne, qui pourfend par ailleurs les propositions de Valérie Pécresse de relance des autoroutes en Île-de-France.

Si nombre de ces mesures concernent directement les transports, d’autres s’intéressent à l’agriculture – et notamment à la limitation des épandages – ou au logement, à l’image de l’objectif de rénovation de 20 000 cheminées en foyers fermés (pour un coût total de 15 millions d’euros). Une évidence pour Emmanuelle Cosse, qui résumait ainsi l’enjeu : « La pollution doit être le point de convergence des politiques publiques. »

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