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Photographe dans les Vosges ©Mathieu Génon/Reporterre

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Jardin sans pétrole

Au jardin sans pétrole, c’est le temps de la cueillette automnale

Dernière — ou presque — récolte de légumes, rangement des tuteurs et du tuyau d’arrosage, taille de l’aubépine et contrôle des ronces… l’automne s’installe sur le jardin sans pétrole.

C’était une magnifique journée d’automne fraîche et ensoleillée. Nous avons travaillé sans relâche à nettoyer et ranger le jardin.

Le jardin, rangé.

Les dernières tomates ont été ramassées, les deux tipis de haricots mange-tout ont produit leur livre de gousses, les courgettes attendront la semaine prochaine de grossir un peu, l’oseille, la ciboulette et de jeunes pissenlits poussent avec une vigueur printanière. Les orties aussi et j’en ramasse un bon sac pour faire à nouveau du purin.

Les ronces arquent vers le sol leurs tiges sarmenteuses pour marcotter à loisir

Les framboisiers n’ont pas produit. Ils ont sans doute souffert d’avoir été déplacés et surtout du manque d’eau. À présent, ils sont envahis par les repousses de lierre et autres herbes. Un bon nettoyage, une aération du sol autour des pieds, un apport de compost, un bon paillage, nous verrons l’année prochaine… Nous débarrassons les allées des tuteurs en bambou devenus inutiles, enroulons le tuyau d’arrosage perforé pour le remiser, relevons le compteur d’eau : 40 m3 pour la saison. C’est beaucoup, presque trois fois plus que lorsque nous utilisions l’arrosoir !

« Coreus marginatus », ou corée marginée, est une punaise gourmande.

Jean-Marie taille l’aubépine de façon à orienter la frondaison vers le ciel et limiter l’ombre sur le potager. Le long du grillage, à l’extérieur, les ronces arquent vers le sol leurs tiges sarmenteuses pour marcotter à loisir. Sur la face nord du jardin, les ronces bien conduites finiront par recouvrir le grillage, formant un coupe-vent très utile, mais sur la façade sud-est, il faut contenir leur croissance. C’est facile, car les racines sont encore tendres. Munie d’un sécateur et de mes vieux gants en cuir de l’époque révolue où je roulais en scooter, je coupe, tire et retire les pousses de 3 à 4 mètres de long, couvertes d’épines.

Les quelques pieds palissés sur le grillage offrent une petite production de mûres, sur lesquelles vivent de drôles de punaises à la carapace luisante comme un cuir bien ciré avec un rebord en forme de bouclier. C’est de cet aspect qu’elle tire leur nom savant, Coreus marginatus. La corée marginée est une punaise gourmande, qui se nourrit de fruits rouges (mûre, framboise ou groseille), mais aussi de graines d’oseille. Elle s’intéresserait également à la rhubarbe et aux courges. Maintenant que la saison des mûres se termine, il va falloir surveiller les potimarrons.

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