Au jardin sans pétrole et sans froid, les soucis fleurissent

Durée de lecture : 2 minutes

19 décembre 2015 / Christine Laurent (Reporterre)

Les plantes hésitent à hiberner, trompées par la température plus chaude qu’à l’accoutumée. Il faut néanmoins préparer le jardin à l’arrivée du froid en fournissant le paillage.

Nous avons passé la journée sous une brume humide, dans le silence de la nature qui s’assoupit. La température rend l’hibernation végétale hésitante. Des coccinelles se promènent encore dans l’herbe. Un rouge-gorge sautille d’un thuya au rebord du bac de compost, puis de la brouette à la branche du charme, avant de voler un peu plus loin.

Je récolte des fleurs de tagètes fanées pour en conserver les graines et aussi celles des soucis. Quelques graines rapportées d’un stage de permaculture et semées en 2013 forment maintenant un joli massif, dans lequel je prélève des plants pour favoriser l’installation de cette fleur dans d’autres parties du jardin où mes graines n’ont pas germées. Le souci (Calendula officinalis L., 1753) est vivace dans les régions méditerranéennes mais survit moins bien d’une année à l’autre en Île-de-France. Vu le nombre de graines que contient chaque fleur, j’espère qu’elle s’installera sur les buttes du potager. Son odeur forte tient tête aux pucerons, aux vers du chou, de l’asperge et de la tomate, aux mouches blanches, aux puces noires et aux doryphores… Sa couleur jaune attire les pollinisateurs, les abeilles bien sûr, mais aussi les syrphes, ces mouches à rayures souvent mal considérées, voire confondues avec les guêpes, alors que leurs larves, comme celles des coccinelles, sont de grandes dévoreuses de pucerons.

Au fond du jardin, l’actinidia a perdu toutes ses feuilles. Tombées au sol, elles ont fini de recouvrir la cabane de la fouine que nous avions cachée au pied de la vigne, sous un entrelacs de lierre, en espérant avoir bientôt des occupants. Nous récoltons une dizaine de kiwis. Ils n’ont pas l’air moins mûrs que ceux du commerce. Dans le doute, nous en laissons encore une bonne trentaine, le gel n’étant pas encore annoncé cette semaine.

Il faut néanmoins se préparer à l’arrivée du froid. Certaines de nos vivaces n’y résistent pas, comme l’artichaut, dont nous avons rabattu le feuillage à trente centimètre du sol et que nous avons enfoui sous la paille. Nous avons aussi poursuivi le ramassage des feuilles mortes, qui deviendront des paillages protecteurs.

Avant de repartir, nous cueillons encore de la mâche, un peu de roquette et de chicorée rouge, de la cardamine hirsute ; une belle salade du dimanche soir en perspective.


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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photo : Christine Laurent/Reporterre
. Chapô : L’artichaut sous la paille.

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