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En brefNucléaire

Bientôt un petit réacteur nucléaire dans la Marne ?

Le petit réacteur servirait à une distillerie-sucrerie de Bazancourt (ici la mairie), dans la Marne.

La start-up nucléaire Jimmy Energy aurait signé un accord de principe avec la coopérative sucrière Cristal Union pour l’installation d’un petit réacteur avancé (AMR) pour sa distillerie-sucrerie de Bazancourt (Marne), selon un communiqué de Robin des bois daté du 8 avril. Il s’agirait d’un mini-réacteur à haute température de 20 MW de puissance thermique, alimenté à l’uranium enrichi à 5-20 % (contre 3-5 % pour les réacteurs du parc actuel) sous forme de pastilles Triso [1], intégré à l’installation, qui produirait de la chaleur pendant une période de vingt ans.

Cet accord « avec un grand industriel » doit être confirmé le 22 avril, avaient dit les dirigeants de Jimmy Energy quelques jours plus tôt lors d’une audition devant le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sûreté nucléaire (HCTISN). Cristal Union dément, mais admet un accord « pour lancer une étude de faisabilité ».

D’après l’association écologiste, les maires de la commune d’implantation et de quatre communes avoisinantes étaient au courant de ce projet et respectaient « une clause de confidentialité ». Dans la matinée du 9 avril, les maires de Bazancourt, Boult-sur-Suippe et de Pomacle ont nié avoir été informés de ce projet et ont demandé un rendez-vous avec la direction de Cristal Union et le préfet de la Marne « afin d’obtenir toute la transparence sur le sujet ». Ils ont aussi tenu une réunion d’urgence dans la journée avec le président du Grand Reims.

Pour l’heure, rien n’est fait. La start-up Jimmy Energy, créée en 2020 par le Polytechnicien Antoine Guyot et la diplômée de l’école de commerce HEC Mathilde Grivet n’a pas encore obtenu la validation de son modèle de réacteur par l’Autorité de sûreté nucléaire. Elle dit cependant avoir déposé fin mars au gendarme du nucléaire la demande d’autorisation de création (DAC) de son premier de série. L’instruction de ce dossier doit durer environ deux ans, pour une autorisation espérée au premier semestre 2026. La start-up vise une autorisation de mise en service fin 2026 et la mise en service de son premier réacteur dans la foulée.

En attendant, la start-up a tout mis en œuvre pour avancer au plus vite. Elle embauche une équipe de plus de soixante-dix personnes, a déjà levé 19 millions d’euros auprès d’investisseurs et obtenu 32 millions d’euros dans le cadre du programme gouvernemental France 2030. Elle a déjà engagé 100 millions d’euros dans l’implantation de trois usines d’une surface totale de 25 000 m2 à l’espace Coriolis au Creusot (Saône-et-Loire), au cœur de la « Nuclear Valley » bourguignonne. Objectif, assembler 20 à 30 petits réacteurs par an à partir de 2028. Une perspective accueillie avec scepticisme et inquiétude par Robin des bois, qui alerte sur les risques du projet en matière de sûreté — le réacteur sera télésurveillé et aucun personnel dédié ne sera attaché au site pour contrôler son fonctionnement — et de gestion des déchets radioactifs.

Contactés fin mars pour un article, les dirigeants de Jimmy Energy n’ont pas voulu répondre aux demandes d’entretien de Reporterre.

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