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Cacophonie sous les mers

6 décembre 2008 / Fonds international pour la protection des animaux



Transport maritime, sonars, exploration sismique, constructions en mer produisent de nombreux bruits sous-marins. Dans l’océan Pacifique, les sons des navires doublent tous les dix ans. Cette cacophonie perturbe l’existence des cétacés.

L’avenir de nombreuses espèces marines est sérieusement menacé par la pollution sonore sous-marine d’origine humaine, ont prévenu les écologistes lors de la 9e Conférence des Parties de la Convention sur les Espèces migratoires (CMS) qui se tient à Rome.

Un rapport publié par le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW), Ocean Noise : Turn it down, a démontré qu’au cours des dernières décennies, les bruits sous-marins créés par les activités humaines avaient considérablement augmenté, ce qui fait peser une menace importante sur de nombreux mammifères marins. Le bruit engendré par le transport maritime commercial, les sonars, l’exploration sismique réalisée par l’industrie pétrolière et gazière, la construction off-shore et les activités de loisir contribue à créer un environnement qui désoriente de plus en plus les cétacés.

Les baleines, dauphins, marsouins et certains autres cétacés se fient uniquement aux bruits sous-marins pour leur navigation, leurs communications et pour leur alimentation. L’augmentation de la pollution d’origine humaine peut provoquer des modifications du comportement des cétacés, par exemple l’abandon des zones de mise bas et de nourrissage, et dans certains cas extrêmes l’échouage, voire la mort.

Au cours de ces dernières années, certaines institutions internationales telles que les Nations Unies, l’OMI (Organisation Maritime Internationale) et l’Union Européenne ont accordé une plus grande attention à la pollution sonore sous-marine. IFAW estime que la CMS peut jouer un rôle essentiel afin d’assurer que des résolutions énergiques destinées à protéger ces espèces sont mises en œuvre d’urgence. IFAW en appelle aux Parties à la CMS et au Secrétariat de la CMS afin qu’ils examinent un large éventail de mesures actuellement en discussion à la Convention afin de s’attaquer au problème des bruits sous-marins.

« La protection des espèces marines contre le bruit sous-marin est essentielle à leur survie. Le bruit sous-marin peut se déplacer sur de grandes distances et affecter les espèces marines au-delà de nombreuses frontières maritimes nationales, » confirme Veronica Frank, responsable des campagnes d’IFAW. « Il est donc vital que les Etats collaborent pour mettre en place des accords solides afin d’éviter que les espèces marines ne soient noyées par des bruits perturbateurs d’origine humaine. »

Le rapport d’IFAW souligne que les sons des navires dans l’Océan Pacifique avaient doublé à chaque décennie au cours des 40 dernières années et que la flotte commerciale globale devrait doubler d’ici 2025. En revanche, la distance à travers laquelle les baleines bleues peuvent communiquer a été réduite du pourcentage vertigineux de 90% en raison de l’augmentation des niveaux sonores.
Le rapport d’IFAW sur le bruit sous-marin condamne tout particulièrement les bruits à haute intensité tels que les analyses sismiques et les sonars militaires. Ceux-ci émettent des sons supérieurs à 200 décibels qui peuvent blesser les animaux marins. Les scientifiques ont également lié les sonars à haute intensité à l’échouage fatal des baleines et dauphins.




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Source : IFAW

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