123
Média indépendant à but non lucratif, en accès libre, sans pub, financé par les dons de ses lectrices et lecteurs

En brefPollutions

Pollution d’une rivière : une filiale de Lactalis écope d’une amende dérisoire

Lactalis et ses filiales sont déjà largement connues des tribunaux.

La Société fromagère de Riom, filiale de Lactalis, vient d’être condamnée pour pollution des eaux et pour plusieurs non-conformités administratives. Dans son jugement du 3 avril, le tribunal judiciaire de Clermont-Ferrand a condamné l’entreprise, qui traite et transforme 280 tonnes de lait par jour pour la fabrication et l’affinage de fromages, à verser 9 000 euros à France Nature Environnement (FNE) et ses deux antennes d’Auvergne-Rhône-Alpes et du Cantal.

En 2020, des écoulements anormaux et une mortalité piscicole ont été constatés dans la rivière de la Véronne à Riom-ès-Montagnes, rappelle FNE dans son communiqué de presse. « Rapidement, le lien [a été] fait avec un dysfonctionnement majeur de la station d’épuration de l’usine, qui déverse dans le ruisseau des eaux usées contenant des taux élevés d’ammonium et de nitrite », écrit l’association. Rebelote en mai 2022 : une nouvelle pollution a été constatée lorsque 2,5 tonnes de lactosérum ont été rejetées dans la Véronne à la suite du débordement d’une citerne de l’usine.

0,00033 % du chiffre d’affaires annuel de Lactalis

Lactalis et ses filiales sont déjà largement connues des tribunaux, souligne France Nature Environnement, qui a même établi une carte de France des condamnations et des sites en infractions. En octobre 2025, Disclose révélait que 13 des 38 laiteries déjà épinglées dépassaient toujours les limites légales de pollution dans les cours d’eau français.

FNE estime que Lactalis bénéficie d’une complaisance de l’administration à son égard. « En dix ans, le montant total des amendes pénales, administratives et dommages-intérêts dus par les filiales du groupe Lactalis pour pollution dépasse à peine 1 million d’euros », a calculé Norma Jullien Cravotta, juriste à FNE Auvergne-Rhône-Alpes. Soit 0,00033 % seulement du chiffre d’affaires annuel du groupe évalué à 30 milliards d’euros. « Autant dire une goutte d’eau dans l’océan des profits. Tant que les condamnations ne seront pas dissuasives, détruire l’environnement coûtera toujours moins cher que de se mettre en conformité avec la réglementation », pointe la juriste.

legende