Cohn-Bendit préfère Stiglitz et Krugman à Kempf

Durée de lecture : 2 minutes

10 mars 2010 / Gérard Andrieu

Réussir à situer le leader d’Europe écologie sur l’échiquier politique est périlleux. Pour y voir plus clair, peut-être faut-il s’intéresser à ceux qu’ils citent en référence…

Où crèche Daniel Cohn-Bendit ? Dans quel camp le leader d’Europe écologie a-t-il posé ses valises politiques ? C’est l’éternelle inconnue. Invité mardi 9 mars de France Inter , DCB a fustigé Nicolas Sarkozy (« Le représentant de l’écologie cynique »), tendu la main à ceux qui « voulaient changer la donne contre le bipartisme » (les électeurs du MoDem) et taclé le PS (pas foutu, dit-il, de mettre en place une « coordination nationale des politiques régionales » depuis qu’ils sont à la tête des exécutifs locaux). Mais dans le même temps, Daniel Cohn-Bendit rappelle qu’il propose au Parti socialiste, pour le second tour, « un partenariat de gestion ».

Plus instructif finalement pour réussir à placer sur l’échiquier politique le très volatil Cohn-Bendit, se pencher sur les personnalités à qui il se réfère. En réponse par exemple à une auditrice qui citait Hervé Kempf, auteur de Comment les riches détruisent la planète et dont la thèse consiste à dire qu’il est impossible de résoudre la crise écologique sans s’attaquer aux racines d’une autre crise, la crise sociale, DCB, lui, préfère citer Joseph Stiglitz et Paul Krugman. Le premier, Prix Nobel d’Economie, a conseillé Bill Clinton. Le second, lui aussi Prix Nobel, est un célébrissime éditorialiste du New York Times qui a vu certains de ses travaux servir de bases au programme économique de Bill Clinton lors de la campagne de 1992. On y voit plus clair : Cohn-Bendit, en fait, est clintonien ! Cohn-Bendit est un démocrate — ça on le savait — mais américain !


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Source : Marianne

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