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Brève — Agriculture et climat

Des investisseurs anglais proposent de taxer la viande en faveur du climat

Le réseau FAIRR a publié un rapport le 12 décembre sur la manière dont les « taxes comportementales » sur la consommation de viande pourraient améliorer la santé publique et réduire les risques climatiques.

FAIRR - Farm Animal Investment Risk and Return (Analyse du risque financier de l’élevage) - est une association d’investisseurs qui s’intéresse aux questions d’élevage industriel.

Son rapport - qui ne sera intégralement publié que début janvier - estime que les taxes récemment introduites sur le sucre, sur le carbone et sur le tabac pourraient être appliquées à la production de viande afin de respecter l’Accord de Paris.

Pour Jeremy Coller, le fondateur de FAIRR, « l’octroi continu de subventions pour la viande est le contraire de ce qui est nécessaire pour que les décideurs politiques et pays respectent l’accord de Paris. Les investisseurs devraient commencer à prévoir cela. »

« Si les politiques veulent couvrir le coût réel des épidémies animales comme la grippe aviaire ou les maladies humaines comme l’obésité, le diabète ou les cancers, tout en s’attaquant au double défi du changement climatique et de la résistance aux antibiotiques, alors arrêter de subventionner l’industrie de la viande et commencer à la taxer semble inévitable. »

Le rapport du FAIRR cite une recherche de l’université d’Oxford, qui révèle qu’éliminer complètement la viande des régimes alimentaires mondiaux permettrait d’économiser 1 600 milliards de dollars en coûts liés à la santé et l’environnement d’ici à 2050. Un changement rapide vers des régimes alimentaires végétariens et équilibrés permettrait d’économiser plus de 500 milliards d’euros liés aux dégâts du changement climatique.

L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que l’industrie de l’élevage est responsable de 14,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Les prévisions indiquent par ailleurs que la consommation mondiale de viande augmentera de 76 % d’ici à 2050.

Selon une étude de l’Institut de recherche technique suédois, les agriculteurs européens pourraient réduire les émissions en s’éloignant des pratiques d’élevage et en incluant de nouvelles technologies agricoles. Cette approche combinée pourrait réduire les émissions de près de 50 %.

Un rapport du think tank Chatham House estime quant à lui qu’un changement dans les habitudes alimentaires pourrait permettre d’économiser chaque année six gigatonnes de CO2, alors que l’université d’Oxford révèle que des surtaxes de 40 % sur le bœuf et de 20 % sur le lait pourraient compenser les dégâts que ces industries causent sur les populations via le changement climatique.

Des études soutiennent que si la trajectoire de la consommation de viande et de lait se poursuit, le secteur agricole sera responsable de l’émission de 20 gigatonnes de CO2 par an, alors que la limite établie par l’accord de Paris est de 23 gigatonnes. Ce qui ne laisse plus que 3 gigatonnes d’émissions pour les autres secteurs de l’économie mondiale.

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