Elections : EELV dépité, Parti de gauche rassuré

Durée de lecture : 4 minutes

23 mars 2015 / Lucas Mascarello (Reporterre)

Les résultats de dimanche ne sont pas glorieux pour les principales forces de l’alternative, EELV et Parti de gauche. Mais ces partis relativisent leur défaite. Et tandis qu’EELV stigmatise la politique du gouvernement, le PG pense que l’avenir est dans l’alliance avec les écologistes.

Dimanche 22 mars, au soir, tombent les résultats du premier tour des élections départementales : une forte abstention, la montée du Front national, une victoire de l’UMP alliée à l’UDI - avec 220 candidats élus dès le premier tour -, et un fort revers pour les forces hétéroclites classées à gauche, qui sera absente de 506 cantons au deuxième tour.

- Voir les résultats présentés par le ministère de l’Intérieur

Au siège d’EELV, à Paris, tout le monde attend devant les images du vidéoprojecteur et les militants sont perplexes à l’annonce des premiers résultats. Les écologistes sont annoncés avec un score national d’environ 2 %. Dans les bureaux, des bénévoles s’affairent pour collecter un maximum de données.

Emmanuelle Cosse, après s’être exprimée sur France 2, arrive pour une rapide déclaration. La secrétaire nationale d’EELV tient à démentir les premières annonces : « Je tiens à revenir sur les sondages qui ce soir nous estiment à 2 %, alors que depuis nos remontées, en moyenne, nous sommes au-dessus de 10 % sur l’ensemble de nos candidats et y compris là où nous sommes autonomes ». Constatant une troisième défaite électorale pour le PS, elle en attend « des signes très forts sur la solidarité, sur l’égalité, sur l’écologie de la part du gouvernement. C’est à lui, maintenant, d’envoyer des signes à l’ensemble des forces politiques ».

Emmanuelle Cosse

Pour David Cormand, secrétaire national adjoint d’Europe Ecologie-les Verts, on assiste bien à un effondrement du PS : « Les gens votent ’stop’ et on leur propose toujours plus d’austérité. Tant que le président de la République n’aura pas entendu le message, les votes seront de plus en plus violents. Europe Ecologie-les Verts tente de donner de l’espoir ».

Julien Bayou, porte-parole d’Europe Écologie-Les Verts, constate également que « la politique de François Hollande et Manuel Valls est désavouée par la grande majorité des Français, peuple de gauche et peuple écologiste compris. Il faut pouvoir travailler à quelque chose de plus structurant, de plus cohérent qui soit dans l’intérêt des Français ». Au-delà des résultats, Julien Bayou tient à rappeler les véritables enjeux : « Le cœur de la campagne, c’est l’écologie. Et malheureusement, le gouvernement ne choisit pas la voie écologiste. Ce n’est une priorité malgré les beaux discours sur la conférence climatique ».

« A chaque fois qu’on se met avec EELV et les citoyens, les résultats sont là »

Eric Coquerel

Au Parti de gauche, l’ambiance est plus détendue. Son coordinateur général, Eric Coquerel, se félicite que le Front national n’arrive pas en tête malgré la victoire de la droite. Lui aussi se méfie d’une « manipulation du ministère » en considérant que celle-ci « sous-estime le score du Front de gauche très certainement de moins 30 % et efface le score d’EELV ».

Il en appelle maintenant à une mobilisation des électeurs pour le second tour et au-delà : « On est en train de vérifier et je crois que ça marche. C’est un socle sur lequel à mon avis on peut construire, notamment pour les prochaines élections. À chaque fois qu’on se met avec EELV et qu’on tente en plus une application citoyenne, les résultats sont là. Cela montre que c’est ce rassemblement c’est l’avenir. Il faut absolument qu’on arrive à le poursuivre ».


DES CANTONALES AUX DEPARTEMENTALES

Les élections départementales s’appelaient jusqu’à présent élections cantonales. Il s’agit de désigner les membres des conseils généraux. Dans chaque département, le Conseil général administre les ressources du département. Le texte sur les compétences des collectivités territoriales étant en cours d’élaboration, les missions des conseils généraux ne sont pas encore précisément définies. Elles devraient continuer à recouvrir l’action sociale et la santé, la maintenance des routes départementales et la gestion des collèges.

Le nombre de cantons a été réduit par deux, passant de 4 055 à 2 074.

Le scrutin s’est déroulé dans le cadre d’une carte cantonale redessinée et sur un mode binominal et paritaire à deux tours inédit.

- Plus d’infos ici


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Lire aussi : L’absence sidérale de l’écologie, les voies du rebond

Source et photos : Lucas Mascarello pour Reporterre

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