En deux ans, la guerre en Ukraine a émis 175 millions de tonnes de CO2
C'est autant de gaz à effet de serre qu’un pays industrialisé tel que les Pays-Bas en un an. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0/Oleksandr Ratushniak
C'est autant de gaz à effet de serre qu’un pays industrialisé tel que les Pays-Bas en un an. - Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0/Oleksandr Ratushniak
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Deux ans de guerre russe en Ukraine ont émis autant de gaz à effet de serre dans l’atmosphère qu’un pays industrialisé tel que les Pays-Bas en un an. Telle est la principale conclusion d’un rapport mené par l’Initiative sur la comptabilisation des gaz à effet de serre dans les guerres (Iggaw), un groupe de recherche fondé en partie par les gouvernements allemand et suédois ainsi que la Fondation européenne pour le climat.
Selon cette analyse — la plus exhaustive jamais conduite jusqu’à présent —, l’invasion de l’Ukraine par la Russie a généré pas moins de 175 millions de tonnes d’équivalent carbone (tCO2e). Cela correspond à l’équivalent des émissions générées en un an par 90 millions de voitures thermiques, ou de la construction de 260 centrales à charbon d’une puissance de 200 mégawatts (MW) chacune.
Un tiers de ces émissions est directement lié aux activités militaires, comme la fabrication d’explosifs et de munitions. À lui seul, le carburant utilisé par les troupes russes a émis 35 millions de tonnes d’équivalent CO2 dans l’atmosphère.
Un autre tiers est attribué par les auteurs de ce rapport aux grandes quantités d’acier et de béton qui seront nécessaires pour reconstruire les écoles, les maisons, les ponts, les usines, les barrages et les stations d’épuration de l’eau endommagés ou détruits par le conflit.
Le dernier tiers a été généré par les incendies, le détournement des avions commerciaux, les frappes sur les infrastructures énergétiques et, dans une moindre mesure, le déplacement de près de 7 millions d’Ukrainiens et de Russes.
« La Russie nuit à l’Ukraine, mais aussi à notre climat, a déclaré l’auteur principal du rapport, Lennard de Klerk, au quotidien britannique The Guardian. Ce “conflit carbone” est considérable, et ses effets se feront ressentir à l’échelle mondiale. »
Selon le rapport, le coût des dommages climatiques infligés par la Russie à la planète s’élève à 32 milliards de dollars (30 milliards d’euros) pour les vingt-quatre premiers mois de la guerre. « La Fédération de Russie devrait payer pour cela, estime Lennard de Klerk. Elle a une dette envers l’Ukraine et les pays du sud de la planète qui souffriront le plus des dommages climatiques. »