En hiver, la clématite des haies permet la vannerie

14 janvier 2017 / Christine Laurent (Reporterre)



Le jardin sans pétrole est prisonnier du gel, mais le jardinier trouvera à s’occuper grâce à la vannerie, pour divers usages comme l’herboristerie, ou simplement pour le plaisir des sens.

Les coups de pédales sur le bitume blanchi dans les vapeurs de notre respiration nous réchauffent. L’humidité est tangible en dépassant la Juine. La campagne apparaît sous un halo laiteux.

La vie est prisonnière du gel, telle une camisole sur les plantes, la terre, les feuilles mortes. Dans notre microcosme, nous sommes deux trappeurs autour d’un feu de bois qui réchauffe un repas adapté à la situation : des lentilles-côtes de porc parfumées que nous allons digérer en marchant dans la forêt alentour.

Façon trappeur, feu de bois pour réchauffer le repas

Tiens ! La clématite des haies est visible sur les bords du chemin que nous empruntons. Clematis vitalba, ainsi nommée par Carl Von Linné en 1753, est une liane vivace, dont les vigoureuses tiges ramifiées grimpent dans les arbres, formant l’été des tonnelles odorantes. En cette saison, la tonnelle a perdu ses feuilles et les fleurs blanc-verdâtre aux pétales en forme de calice sont devenues des fruits, des akènes, pour être précis. Chacune de ces graines est dotée d’une plume légère et soyeuse, prête à s’envoler dans le vent pour conquérir de nouveaux territoires.

Les tiges, dont les plus longues atteignent 8 mètres, constituent un matériau très souple que l’on peut vanner aisément. On peut encore en couper en janvier, en choisissant celles qui ont le moins de nœuds. De retour à la maison, on les met dans un faitout, recouvertes d’eau qu’on laisse bouillir jusqu’à ce que l’écorce se détache. L’épluchage des lianes encore chaudes est plus facile.

On dispose alors de quoi faire des petits paniers, des besaces pour herboriser ou des abris pour oiseaux à suspendre dans les arbres. On peut aussi utiliser des ronces épinées, du lierre décortiqué ou toute branche un peu longue et souple glanée dans la campagne. La vannerie sauvage cultive le plaisir des sens.

Le jardin sans pétrole contenu par l’hiver.



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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre
. chapô : la clématite des haies.

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