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Enrichir et fortifier le sol, le tenace travail du jardin sans pétrole

2 décembre 2017 / Christine Laurent (Reporterre)



Du bac à sable à un agrégat riche en liaisons chimiques organominérales, la terre du jardin sans pétrole a considérablement changé depuis le début de sa mise en culture. La mutation est toujours en cours.

Quelques feuilles pantelantes sont encore accrochées aux branches du pommier. On entend les glands tomber au sol et le croassement des corneilles. Dix-huit brouettes de feuilles mortes protègent les plantes du gel, la terre du vent, les petites bestioles de la lumière et du froid. Sous la grosse couette végétale, la vie, souvent microscopique, reste mystérieuse. Et on se demande toujours si nos actions améliorent la fertilité globale, c’est-à-dire une bonne structure pour garder l’eau et les nutriments en assez grande quantité, en favorisant les réactions chimiques dans la terre afin que les plantes puisent facilement ce dont elles ont besoin.

Nos récoltes semblent indiquer que nous sommes sur le bon chemin et que la fertilité de la terre augmente ; aujourd’hui trois radis noirs, quatre navets, un poireau (pas très gros, car le repiquage a été tardif), une betterave d’Égypte et de la salade comme nous l’aimons : un mélange de feuilles sauvages (pissenlit et cardamine hirsute) et domestiques (chicorée rouge de Vérone et diverses feuilles à couper issues des dernières graines d’un mélange de salade, le mesclun, semées en août). Les cardons on été mis à blanchir enveloppé dans du carton et protégé de la pluie. 

La glomaline, fabriquée par les champignons mycorhyziens

Quand nous avons commencé à cultiver ce terrain, il ressemblait davantage au bac à sable du jardin public en bas de la maison qu’à cet agrégat riche en liaisons chimiques organominérales qui donnent une terre grumeleuse que l’on nomme complexe argilohumique, et qui constitue une réserve nutritive pour les plantes.

Mais, en dépit de tous nos apports en matière organique sous diverses formes — herbes indésirables laissées sur le sol, apport de compost, paillage l’été, litière de feuille — qui attirent une multitude d’animaux — escargot, limace, vers de terre, mille-pattes, cloporte, punaise ou fourmis — la terre se tasse dès qu’elle voit la lumière. Sa structure est extrêmement fragile.

Comment faire avec moins de 10 % d’argile dans le sol, ce qui est le cas ici ? Mes recherches m’ont appris que la présence de limon — il y en a environ 40 % dans la terre du jardin sans pétrole –—permettait d’espérer la formation d’un complexe limono-humique, favorisant la disponibilité des minéraux utiles au développement et à la fructification des plantes. Car, quand l’argile manque, la « colle » est davantage organique que chimique. Cette colle, nommée glomaline, est fabriquée par les champignons mycorhyziens. Nous savions que ces champignons s’associaient aux racines des arbres pour leur permettre de prospecter des nutriments dans un rayon élargi, mais ils aident aussi les sols peu structurés à conserver la nourriture des plantes potagères.




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Lire aussi : Sous nos pieds, le sol, richesse oubliée

Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre

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