Le quotidien du climat
OBJECTIF :
70 000 €
62310 € COLLECTÉS
89 %
Je fais un don

Éolien, Notre-Dame-des-Landes, véganisme, vœux et remerciements… voici l’Édito des lecteurs

4 janvier 2018 / Les lectrices et lecteurs de Reporterre

L’éolien, le véganisme, le sel de Guérande ou les canalisations en PVC vous ont fait réagir. Pour bien commencer l’année, ce florilège de vos réactions permet de revisiter nos articles parus fin 2017. Voici le courrier des lecteurs de Reporterre !

Si vous souhaitez participer au courrier des lecteurs, n’hésitez pas à nous envoyer un courriel à planete (arobase) reporterre.net, en spécifiant [courrier des lecteurs] dans l’objet. À bientôt !


« Merci, Reporterre, ça fait du bien de vous lire et de vous entendre ! »

  • Vous êtes toujours plus nombreux à nous soutenir, avec de petits mots et cartes de vœux livrés par la Poste, des courriels d’encouragement, ou des commentaires sur la page OKPal de notre campagne de dons. Voici, d’ailleurs, quelques-unes des plus de 170 réactions que vous y avez laissées et que vous nous avez écrites. Merci pour votre aide !

Gardons espoir ! je vois des signes, partout autour de moi, de conscience (je n’ai pas dit d’actions, même s’il y en a !), oui , de conscience, qui s’allument comme des petites bougies dans la forêt ! Merci, Hervé, merci à toute l’équipe ! »
Marie Anne Jordan

Bon courage pour notre combat commun »
Didier Gimel

Merci pour vos articles de si bonne qualité :-) Très belle année 2018 à toute l’équipe de Reporterre !!! »
Mathilde Caillard

Félicitations pour votre action cette année. Et une chouette énergie et envie d’améliorer notre monde pour 2018. »
Karim El Jouhari

Bonne année 2018 avec plein d’infos positives ! (on ne lâche pas) »
Béatrice Noyau

Merci, ça fait du bien de vous lire et de vous entendre ! »
Florence Lecordier

Merci pour votre engagement et votre courage »
Evelyne Chrétien


« L’éolien signe la fracture entre deux visions de l’écologie »

Simon Popy, président de FNE (France nature environnement) Languedoc-Roussillon, estime que l’un de nos articles de notre grande enquête sur l’éolien a « caricaturé » l’action de son association.

Notre fédération comporte une cinquantaine d’associations locales, dont certaines ont pour objectif la promotion de la transition énergétique, la sortie du nucléaire et des énergies carbonées, alors que d’autres sont des associations naturalistes plus enclines à attaquer des projets impactant des espèces patrimoniales. (…) Notre attitude a été, pendant 2 ans, d’amener les parties prenantes à se parler. (…)

C’est ainsi que des acteurs que vous qualifieriez de très “pro-éoliens” ont compris les enjeux des naturalistes et accepté que nous menions à l’échelle fédérale, donc en leur nom également, des contentieux sur certains projets (…). De la même façon, des naturalistes ont été sensibilisés au fait que la transition énergétique peut difficilement se passer d’éoliennes (…).

Tout le monde a pu réaliser la convergence sur la nécessité de mettre au premier plan, avant tout le reste, la sobriété énergétique. Nous (...) travaillons au quotidien pour faire valoir la nécessité de développer un éolien vertueux, intégré dans une démarche territoriale, qui associe les populations locales, et non d’aller vers un éolien industriel du type rouleau-compresseur à la EDF. Nous militons également pour mettre fin au mythe de “l’énergie propre”.


« En Auvergne, un magasin autogéré sauve un village de la désertification »

Je suis commerçante depuis 8 ans à Rouen, et en ce moment, je liquide le stock parce que j’arrête mon activité. Les clients sont ravis de trouver leurs produits habituels à prix imbattable. (...) Peut-être se rendront-ils compte après coup que c’était quand même pratique et sympa d’avoir un magasin comme le mien à proximité. (...) Maintenant, les gens ne sont plus prêts à payer pour le travail de leurs voisins. (...)

Et à la lecture de votre article, je me rends compte que ces magasins fondés sur le travail bénévole qui poussent partout participent de la même logique et nous mènent au même endroit : le chômage de masse. Sous un visage souriant bien sûr, car la création de lien social est vivifiante. Mais voilà, il n’y aura bientôt plus de travail salarié, plus de rémunération du travail parce que rares sont les gens qui se rendent compte qu’en refusant de payer le travail des autres, c’est eux-mêmes qu’ils appauvrissent. »

Claire


« Édouard Philippe : “Le choix se formalise désormais ainsi : ‘Notre-Dame-des-Landes ou le réaménagement de Nantes Atlantique’” »

Le gouvernement affirme que “les besoins liés au développement du transport aérien dans le Grand Ouest justifient la réalisation d’une plate-forme qui sera dimensionnée sur les hypothèses connues, c’est-à-dire le doublement du trafic aérien d’ici 2040”. Le jour même [en fait la veille], ces mêmes personnes, ce même gouvernement, la même tête, annoncent au One Planet Summit que le président de la République déplore une certaine fatalité et un manque d’action dans cette lutte. “On est en train de perdre la bataille, on ne va pas assez vite et c’est ça le drame”, a alerté Emmanuel Macron. Tandis que Nicolas Hulot scandait : “Je n’ai pas changé d’un iota dans mes convictions, dans ma détermination.” (…) Si l’on met bout à bout ces informations, il s’agit bel et bien de schizophrénie dont souffrent nos chers dirigeants. »

Erwan Fontaine


« Linky perturbe la vie des électrosensibles : le témoignage de Joséphine »

Je veux quand même dire ce que j’analyse sur Linky depuis que j’en entends parler :

  1. Le niveau d’émission des Linky (…) est de plusieurs ordres de grandeur inférieur à bien d’autres sources (Qu’aurait-on dit des TV cathodiques, qui émettaient bien plus que nos écrans plats actuels !). (…)
  2. J’ai eu beau chercher sur internet : on y trouve toujours les mêmes arguments repris par les comités anti-linky, sans plus de solidité, et rien d’autre.
  3. Peut-être peut-on avoir un doute sur l’économie ou le gain pour la collectivité, mais il m’est difficile de l’estimer, et ce n’est pas un problème d’électro-sensibilité. »

Luc


« À Paris, les feuilles mortes rendent la Ville muette »

Il est un aspect du ramassage des feuilles que vous n’abordez pas (…) : le bruit des souffleuses portatives ou des engins motorisés aspirateurs. En automne c’est véritablement infernal ! Très familier des travaux “manuels” je peux comprendre l’intérêt de telles machines (…). Ce qui me paraîtrait souhaitable, c’est que des appareils moins bruyants (donc moins puissants ? ce qui nécessiterait des passages plus fréquents ? davantage de personnel ?) soient utilisés. Très curieux de savoir ce que les services municipaux auraient à répondre à cela (et les syndicats ? et la médecine du travail ?). »

Guillaume


« Bea Johnson : “On a adopté le Zéro déchet et la vie est meilleure” »

J’ai lu avec intérêt votre interview de Bea Johnson, et ce genre de personnes m’indigne au plus au point. Elle est un pur produit de cette société libérale : la solution à une problématique donnée passe par une réponse individuelle. Et Madame prêche la bonne parole à travers le monde… en avion ! (…) Les écogestes, s’ils sont utiles, ne changeront pas la face du monde. Ils permettent de se donner bonne conscience, mais surtout d’évincer la question politique et sociale de la crise écologique. (…) Je pense également qu’elle doit tirer de son mode de vie responsable un petit capital économique : conférences, vente de livres, boutique en ligne, etc. (...) On comprend alors qu’elle ne va pas attaquer radicalement le capitalisme, mais plutôt tenter d’en aménager les externalités négatives (on voit sa collaboration avec Ikea et Nestlé eau).

Dernière chose : face à la crise écologique et la difficulté à avoir une influence sur le cours des choses, beaucoup de femmes se replient sur la sphère domestique pour apporter un petit cocon vert à leur famille. C’est un véritable retour en arrière par rapport aux années de luttes féministes des années 1960-1970, durant lesquelles les femmes avaient réussi à acquérir une indépendance économique en investissant le monde du travail et à s’échapper de l’enfermement domestique. (…)

Même si cette vision écocitoyenne de B. Johnson me révolte, je dois saluer votre effort de présenter sur votre site les différentes visions qui traversent l’écologie aujourd’hui. »

Guillaume Jacquemart


« L’antispécisme est compatible avec le fait de manger des animaux »

Il est évident que le passage au végétarisme/véganisme implique la disparition de la plupart des espèces domestiques et des paysages qui vont avec, mais l’alimentation végétale est également moins gourmande d’espace, surtout si l’on développe l’agriculture urbaine donc, on peut espérer que de vastes zones pourront être rendues à la nature dite “sauvage”, nous aurons d’autres paysages pas moins intéressants que les actuels, différents, c’est tout. Alors, le véganisme est-il une utopie ? Sans doute, mais une belle utopie. »

Marc Grihon


« Alerte au CVM, le composé qui empoisonne l’eau des campagnes »

Je travaille dans une collectivité gestionnaire d’un réseau public d’eau potable et je peux vous dire que nous sommes incités à faire des travaux de renouvellement de canalisation qui peuvent être inutiles, coûteux pour les usagers et non écologiques en raison de ce que cela engendre — consommation d’énergie, de matériaux (…). Les entreprises de travaux et les exploitants privés insistent pour que l’on renouvelle les conduites, alors qu’elles n’ont pas 40 ans parfois (durée de leur amortissement comptable), et que ce renouvellement est souvent financé par emprunt. Il faudra certainement remplacer les conduites, mais en fonction de l’état réel des canalisations, ce qui est souvent difficile à connaître car elles ne sont pas accessibles. »

Un lecteur travaillant dans le milieu de l’approvisionnement en eau, mais qui préfère rester anonyme


« À Guérande, la coopérative du sel pratique avec succès l’entraide et l’écologie »

Si ce que vous relatez dans l’historique est juste, je ne peux malheureusement qu’exprimer mon désaccord sur le gentil monde des paludiers/bisounours, tel qu’il est décrit dans votre article. La réalité sociale du marais est qu’aujourd’hui il y a beaucoup de paludiers en difficulté, qui ont beaucoup de mal à pérenniser leurs exploitations, et que si l’entraide existe (encore), ce n’est évidemment pas pour aider les plus faibles ! Les disparités de revenus sont phénoménales et exponentielles ! Par ailleurs, les conditions de travail des salariés se sont très nettement dégradées depuis 10 ans. Il est également de mon devoir de vous informer sur le fait que la coopérative en 2017 importe du sel du… Cambodge, qui sera bientôt en tête de gondole, avec une appellation « sel du monde » éthique et équitable ! »

Un paludier qui préfère rester anonyme




Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre.

Lire aussi : Les supermarchés et la bio, le compteur Gazpar, une vidéo à Hulot, l’eau du robinet… voici l’Édito des lecteurs

Source : Courriels à Reporterre

- Dans le courrier des lecteurs, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
- Titre, chapô et intertitres sont de la rédaction.

Dessin : © Tommy/Reporterre

Photos :
. éolien : © Berth/Reporterre 
. Auvergne : © Élodie Horn/Reporterre
. Linky : © Sérine Lortat-Jacob/Reporterre
. Feuilles mortes : Photo-Paysage.com (CC BY-NC-ND 2.0 FR)
. Béa Johnson : © ZeroWasteHome.com
. éleveur : © Marcel Mochet
. CVM : © Lorène Lavocat/Reporterre
. paludiers : © Pascal François/Le Guérandais

11 décembre 2018
Macron : Pas touche aux riches
Édito
10 novembre 2018
Gabriel, paysan pris à la gorge par une administration aveugle
Tribune
12 décembre 2018
J9 : « Imaginez si Cristiano Ronaldo pouvait parler du climat ! » 
Reportage


Vous avez aimé cet article ? Soutenez Reporterre



Du même auteur       Les lectrices et lecteurs de Reporterre