Et si l’on discutait de la bombe atomique ? Une vidéo bousculante

3 février 2017 / Nucléaire : le désarmement, c’est maintenant



La France entretient sa force de « dissuasion » nucléaire sans que soit posée la question de son efficacité ni celle de son coût. Les auteurs de cette tribune lancent la campagne « Nucléaire : le désarmement, c’est maintenant » pour placer cette question dans le débat présidentiel. Et l’expliquent dans une vidéo drôle et bousculante.

Le Mouvement pour une alternative non violente, les Amis de la Terre, les Désobéissants, ANV-COP21, Abolition des armes nucléaires-Maison de vigilance, le Réseau sortir du nucléaire, la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté et Action des citoyens pour le désarmement nucléaire sont à l’initiative de la campagne « Nucléaire : le désarmement, c’est maintenant » et sa pétition.


À l’occasion de la campagne pour l’élection présidentielle, nous avons besoin de votre soutien pour que les candidats se positionnent pour le désarmement nucléaire de la France et pour les initiatives internationales visant à interdire les armes nucléaires au niveau mondial. Depuis des décennies, la question de l’arme nucléaire est évincée du débat politique. Même en temps de paix la présence de ces armes en alerte permanente représente une menace réelle. Tant qu’elle existe, la possibilité d’une destruction massive d’une population et d’une partie de la planète existe et nous entretient dans la peur.

La France compte aujourd’hui 300 têtes nucléaires équivalant à 3.000 Hiroshima et coûtant plus de 4 milliards d’euros par an. Le 27 octobre 2016, à l’ONU, la France a fait partie des rares pays ayant voté contre la résolution organisant en 2017 les négociations pour un traité d’interdiction des armes nucléaires (113 pays ont voté pour).

Depuis le départ, la question de l’arme nucléaire est évincée du débat politique. Dépenser tout cet argent et cette énergie, mais pourquoi ? Pour dissuader ? Mais qui ? Dissuader des terroristes qui font déjà des attentats sur notre territoire ? Dissuader des pays qui n’ont que très peu de pouvoir diplomatique et un arsenal militaire incomparable au nôtre ?

Dissuader des grandes puissances qui elles aussi ont le même pouvoir de destruction ? Dans ce cas notre arme nucléaire n’est pas une « assurance-vie » mais bien une « assurance-mort » qui nous menace.

Ou serait-ce pour nous convaincre et nous conforter dans l’idée que nous faisons partie d’une poignée de puissances qui se partagent les pouvoirs et les richesses ?

En temps de guerre, l’utilisation de ces armes serait un suicide pour l’humanité, compte tenu des conséquences d’un « hiver nucléaire » pour la planète. Le massacre volontaire des civils pendant un conflit est un crime contre l’humanité, interdit par les lois internationales.

4 milliards d’euros par an pourront être réinvestis dans des mesures économiques, sociales, écologiques et éducatives !

Même en temps de paix la présence de ces armes en alerte permanente représente une menace réelle : la possibilité d’une destruction massive d’une population et d’une partie de la planète existe et nous entretient dans la peur.

Après la crise économique, le Brexit et l’élection de Donald Trump, il est temps de choisir un changement de société positif pour la France. Il est temps de mettre en œuvre une gestion des conflits non violente, où l’action militaire n’est plus l’unique réponse de nos États, ce qui aggrave les tensions dans une spirale de violence où la démocratie se perd.

Alors que l’ONU décide d’ouvrir des négociations pour un traité d’interdiction, la France prépare et investit dans le renouvellement complet de son arsenal nucléaire : SNLE [sous-marin nucléaire lanceur d’engins] de 3e génération, amélioration du M51, nouveau missile air-sol, nouvel avion de combat ou drone de combat pour l’envoyer, etc. D’ores et déjà, le coût de ce renouvellement est évalué à plus de 2 milliards d’euros supplémentaires par an à partir de 2020…

Si notre futur est dénucléarisé, 4 milliards d’euros par an pourront être réinvestis dans des mesures économiques, sociales, écologiques et éducatives !

Nous demandons aux candidats à l’élection présidentielle de se positionner :

  • POUR un désarmement nucléaire français et, comme premier pas, d’arrêter la modernisation des armes nucléaires ;
  • POUR un engagement de la France à soutenir les initiatives internationales pour interdire les armes nucléaires, à l’image des armes chimiques et des bombes à sous-munitions et des mines antipersonnel.

Le site web de la campagne.

La page Facebook de la campagne

La pétition.




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Lire aussi : 101 députés et sénateurs demandent un référendum sur l’abolition des armes nucléaires

Source : Courriel à Reporterre

- Dans les tribunes, les auteurs expriment un point de vue propre, qui n’est pas nécessairement celui de la rédaction.
- Titre, chapô et inters sont de la rédaction.

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