« Je suis terrifiée » : l’alerte des experts sur la course aux armements nucléaires
Des personnes manifestent contre la course à l'armement nucléaire devant l'ambassade américaine à Londres, le 21 mai 2026. - © Rasid Necati Aslim / Anadolu / Anadolu via AFP
Des personnes manifestent contre la course à l'armement nucléaire devant l'ambassade américaine à Londres, le 21 mai 2026. - © Rasid Necati Aslim / Anadolu / Anadolu via AFP
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« Une nouvelle course aux armements nucléaires s’annonce », alerte la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (Ican). Les dépenses mondiales liées aux arsenaux nucléaires ont atteint un niveau record en 2025.
Selon un rapport publié le 9 juin 2026 par l’Ican, les neuf États dotés de l’arme nucléaire — États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France, Inde, Israël, Pakistan et Corée du Nord — ont consacré cette année-là près de 119 milliards de dollars à leurs arsenaux en 2025, soit une hausse de 19 % par rapport à 2024.
Parallèlement, un rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), également publié le 9 juin, alerte sur une aggravation du risque nucléaire mondial. Les puissances nucléaires disposent actuellement d’environ 12 187 ogives, dont 9 745 stockées en vue d’un usage potentiel. Le Sipri observe que le rythme du démantèlement ralentit tandis que le déploiement de nouvelles armes s’accélère.
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Les États-Unis demeurent de loin le premier investisseur, avec 69,2 milliards de dollars dépensés en 2025, devant la Chine (13,5 milliards), le Royaume-Uni (12,6 milliards) et la Russie (9,5 milliards). Washington et Moscou concentrent ensemble environ 83 % des stocks mondiaux d’armes nucléaires. Le Sipri estime également que la Chine développe son arsenal plus rapidement que tout autre pays et pourrait atteindre d’ici 2030 un niveau de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) comparable à celui des États-Unis ou de la Russie.
Selon Susi Snyder, directrice des programmes de l’Ican et co-autrice du rapport, la forte hausse des dépenses consacrées aux arsenaux nucléaires, combinée aux inquiétudes liées au rôle potentiel de l’intelligence artificielle dans l’accélération des décisions d’emploi de l’arme nucléaire, est profondément préoccupant. « Je suis terrifiée », a-t-elle déclaré à l’AFP.