Feu de bois, perce-neige et retour des ronces au Jardin sans pétrole

30 janvier 2016 / Christine Laurent (Reporterre)



Le marcottage sauvage de la ronce commune lui a permis de s’étendre dans le jardin. Sans pour autant atteindre le potager, probablement grâce aux efforts faits pour y relancer la vie microbienne.

Aujourd’hui, la température est remontée : 7°C. Mais l’air est chargé d’humidité. Notre échauffement à bicyclette s’estompe rapidement et, pour ne pas nous refroidir, nous allumons un feu avec quelques branches de thuyas, des feuilles de chêne et du bois mort. Léonie et moi, chacune notre tour, grattons une allumette, mais nous n’obtenons que des panaches de fumée. Finalement, après une vingtaine d’allumettes, c’est Léonie qui parvient à enflammer le petit tas de bois ! Avec fierté, elle ajoute des rameaux sans étouffer le feu. Joie d’enfant de voir les flammes s’emparer de ces matières ligneuses et les réduire en cendres...

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Le Jardin le samedi 23 janvier 2016.

En attendant qu’il y ait assez de braise pour griller nos trois côtelettes d’agneau et réchauffer le riz, je m’éloigne pour tailler les ronces palissées l’année dernière sur la clôture et qui ont donné quelques bonnes mûres. Très vite, je me retrouve à extraire les racines de cet arbrisseau tenace dont j’envie la vitalité ! Rubus fruticosus a des allures de liane ! Ses tiges souterraines produisent chaque année de nouvelles tiges aériennes. Celles-ci peuvent atteindre trois ou quatre mètres de long et leurs extrémités rejoindre le sol et s’y enraciner. Un marcottage sauvage qui permet à la ronce de se propager dans les 400 m2 de notre lopin, autour du potager, près de la future mare, des noisetiers et du saule des oliviers. Nous n’avons pas l’intention de l’éradiquer, mais de contenir son tempérament expansionniste, qui se nourrit de la « matière organique archaïque » constitutive de ce terrain longtemps laissé à l’abandon.

 Des perce-neige sous le cerisier sexagénaire

Preuve s’il en est que la terre y est pour beaucoup, la ronce commune semble avoir déserté le potager. Un effet de nos efforts pour relancer la vie microbienne ? Quand le sol est compact et riche en matière carbonée (brune), le processus de décomposition végétale s’arrête. Aussi aérons-nous la terre avec la grelinette et laissons-nous sur les buttes les produits de nos désherbages pleins d’azote (vert).

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La taille de la ronce commune.

Sous l’un des deux cerisiers sexagénaires qui marquent l’entrée du potager, des perce-neige sont sortis de terre. Je les découvre pour la première fois. Comment sont-ils arrivés là ? La vallée de la Juine n’est pas le biotope primaire de ces plantes à bulbe aux tépales internes marqués d’un vert délicat.




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Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photo : Christine Laurent/Reporterre
. Chapô : Les perce-neige.

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