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Numérique

Fin de la 2G : téléphones, ascenseurs... Des millions d’appareils bientôt obsolètes

Fin 2025, 2,4 millions de téléphones utilisant la 2G et la 3G étaient encore utilisés.

Téléphones, systèmes de téléassistance ou d’éclairage... Plusieurs millions d’appareils vont cesser de fonctionner avec l’arrêt du réseau 2G. Et ce, malgré un coût écologique et économique important, alerte l’association HOP.

Vous êtes abonné à Orange ? Vous habitez à Biarritz, Anglet ou Bayonne ? Vous utilisez encore un vieux Nokia ? Ce dernier ne fonctionnera plus à partir du 31 mars. L’opérateur procède en effet à l’arrêt de son réseau 2G dans ces trois villes. Et ce n’est qu’un début. L’extinction sera étendue aux Landes et au reste des Pyrénées-Atlantiques le 12 mai, puis à neuf autres départements du Sud-Ouest le 9 juin 2026. À partir de la fin septembre 2026, toute la France sera concernée.

Les concurrents d’Orange ne sont pas en reste. SFR et Bouygues cesseront en effet d’émettre en 2G à partir du 15 novembre 2026 dans certaines zones, avec une généralisation à tout le territoire le mois suivant. À partir de la fin 2028, ce sera au tour du réseau 3G d’être progressivement mis à la retraite.

Motifs invoqués, et repris dans un rapport du Sénat publié en février 2026 : ces réseaux d’anciennes générations présentent des fragilités techniques, exposant ses utilisateurs à des risques de piratage ; une partie des fréquences pourra être réallouée à la 4G et la 5G, considérées comme moins énergivores et plus performantes, toutes choses égales par ailleurs, c’est-à-dire sans tenir compte des possibles effets rebond (augmentation du volume de données, du trafic, du nombre d’appareils connectés...).

Des alertes répétées, en vain

Si la grande majorité des smartphones sont désormais en 4G ou en 5G, les téléphones fonctionnant uniquement en 2G ou en 3G existent encore. Il y en avait 2,4 millions à la fin de l’année 2025, selon les derniers chiffres de l’Autorité de régulation des communications électroniques (Arcep), publiés le 30 mars. Ce qui représentait au total 3 % du parc des cartes SIM actives. Autrement dit, certains consommateurs vont être contraints et forcés de changer de téléphone.

D’autant que certains distributeurs ont continué à vendre des appareils uniquement compatibles 2G alors même que la date d’obsolescence de cette technologie était déjà connue, comme nous l’avions dénoncé lors de notre enquête en avril 2023. L’association HOP (Halte à l’obsolescence programmée) rappelle qu’en 2025, Emmaüs Connect a distribué plus de 20 000 mobiles de ce type : « Autant de personnes sans abri, exilées et/ou victimes de violences qui n’auront demain plus la possibilité de passer des appels ou d’envoyer des SMS dans des situations d’urgence souvent vitales », s’insurge HOP dans un communiqué.

Surtout, de nombreux autres appareils équipés de cartes SIM émettent encore via la 2G ou la 3G. C’est par exemple le cas des dispositifs d’appel de certains ascenseurs en cas de panne, de certains appareils de téléassistance pour personnes dépendantes, de téléalarmes, du système d’appel d’urgence aux secours (eCall) dans les véhicules, des défibrillateurs cardiaques, etc. Selon l’Arcep, 2,82 millions de terminaux de ce type émettaient encore en 2G ou 3G en décembre 2025. Tous ces secteurs ont à de multiples reprises fait part ces derniers mois de leur inquiétude, réclamant un délai supplémentaire pour adapter leurs équipements. En vain.

12,6 millions d’appareils potentiellement concernés

Le nombre d’appareils concernés seraient sous-évalués, met en garde l’association HOP. Celle-ci estime qu’au total, 12,6 millions d’appareils seraient potentiellement concernés par la fin des réseaux 2G-3G : « Les derniers chiffres de l’Arcep prennent seulement en compte les cartes SIM distribuées par les opérateurs français. Or, selon la Direction générale des entreprises, cela ne représente que 30 % du total des cartes SIM utilisées par des professionnels en France (principalement dans les objets connectés). »

Hop dénonce la « mise à mort de ces réseaux » comme « un énième exemple de l’arrêt unilatéral d’une technologie par des entreprises privées, avec des conséquences économiques, sociales et environnementales désastreuses ».

« Des conséquences économiques, sociales et environnementales désastreuses »

L’association estime que le remplacement de tous les appareils et dispositifs en 2G et 3G coûterait au moins 1,36 milliard d’euros pour les particuliers, entreprises et collectivités. La ville de Lille devra par exemple débourser 900 000 euros pour « remplacer ses points lumineux dépendants de cette technologie », précise HOP. Le changement pour chaque ascenseur coûtera entre 600 et 1 800 euros, à la charge des copropriétaires.

Autre exemple cité par l’association : l’adaptation des réseaux d’eau et d’assainissement pourrait coûter entre 400 et 500 millions d’euros aux collectivités, « alors que les équipements à remplacer ou adapter peuvent avoir une durée de vie entre quinze et trente ans, et ont fait l’objet d’investissements de long terme ».

HOP pointe enfin du doigt une accélération des cycles de réseaux de télécommunication. « La 6G étant déjà annoncée pour 2030, la 4G et la 5G seront bientôt à leur tour considérées comme obsolètes, avec des conséquences probablement encore plus importantes », prévient-elle. Elle exige que l’État encadre mieux les arrêts de réseaux afin d’en limiter les impacts économiques, sociaux et environnementaux, « au nom de l’intérêt général et de la sécurité des personnes ».

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