Fin de la grève de la faim contre l’inaction climatique de l’État

Durée de lecture : 4 minutes

25 mai 2020 / Didier Harpagès (Reporterre)



- Actualisation - Lundi 25 mai 2020 -

Charlotte Rots a fait paraître le communiqué suivant :

« Lundi 25 mai, deux semaines auront passé depuis le début de ma grève de la faim et ma présence devant l’hôpital de Dunkerque. Mon action se voulait symbolique, un acte pour interpeller et surtout une invitation au dialogue.

« Nous creusons notre tombe avec nos dents » dit un proverbe, nos modes de vies dévorent le monde. Alors que faire face à cette réalité ? Ralentir ? Refreiner notre gloutonnerie, pour permettre à chacun de vivre dans de bonnes conditions : moins mais mieux dans l’assiette, moins mais mieux dans nos maisons, moins mais mieux dans nos relations et nos activités ? La santé des corps menacée par le Covid et la santé défaillante de la Terre, l’arrivée de ce virus, sont les symptômes du même mal. Relocaliser, ralentir, réduire l’importance de l’économie dans nos vies pour retrouver l’essentiel que nous avons pu redécouvrir en partie pendant le confinement est ce à quoi nous aspirons. Comment y arriver, voilà ce que je voulais questionner à travers cet acte. J’ai pu avoir des échanges avec certains, d’autres n’ont pas compris pourquoi je mettais ma « vie en danger ». J’ai décidé de mettre fin à cette grève de la faim lundi, de me concentrer à nouveau sur la participation et la création d’actions constructives.

J’invite celles et ceux qui le veulent à venir lundi à 18H devant le CHD, pour clore cette action ensemble.

Merci à tou.te.s et prenez soin de vous ! »

- Source : Regards et mouvements


- Article original du lundi 18 mai 2020

Une jeune femme en grève de la faim pour dénoncer l’inaction climatique de l’État

  • Dunkerque (Nord), correspondance

Engagée au sein du groupe Extinction Rebellion de Dunkerque, Charlotte Rots, 31 ans, souhaitait dénoncer publiquement le non-respect par l’État de ses obligations face au changement climatique. Elle a annoncé le 11 mai qu’elle lancerait une grève de la faim, expliquant, dans sa déclaration, que l’État, « continue à ne pas tenir ses engagements afin de garantir le droit de chaque être humain de vivre. Il ne respecte pas la nécessité de conservation des droits naturels imprescriptibles de l’humain ».

Elle a commencé le 11 mai, devant le centre hospitalier de Dunkerque (CHD), de renoncer à s’alimenter « afin de défendre — à travers son corps — les droits immuables et universels de tous les êtres humains — et de tous les êtres sensibles — à vivre dans un monde où l’intelligence humaine est mise au service de la vie, dans un esprit de collaboration, d’amitié, de paix et de sérénité ».

À ses yeux, le bien-être de la population n’est pas garanti par la puissance publique puisque aujourd’hui, ajoute-t-elle :

• Les êtres œuvrant dans le corps médical ne disposent pas des moyens humains et matériels nécessaires à l’accomplissement, dans des conditions sereines, de leurs missions de soins ;
• Les paysan/nes étouffé.es par un endettement aggravé depuis trente ans sont dans un état de souffrance tel que 600 d’entre eux/elles mettent fin à leur jour chaque année ;
• Les femmes et les enfants sont encore massivement victimes de violences ;
• Des personnes n’ont pas de logement et sont contraintes de dormir dehors, mettant leur santé physique et psychique en péril ;
• Les services publics et notamment — en plus des services de santé — l’éducation, et la justice ne peuvent garantir à la population leurs accès dans de bonnes conditions. »

Selon Charlotte Rots, agir devient urgent car la société n’offre aucune véritable perspective, n’apaise pas les tensions, ne calme pas les anxiétés de sorte que l’avenir, de la jeunesse notamment, ne peut pas être perçu avec optimisme : « Agissons, n’attendons plus ! Pour rétablir le temps lent, le temps de la nature, le temps humain et le temps du lien. Il est urgent de freiner, d’arrêter la machine, de stopper les productions de “biens” non essentiels, de trouver l’harmonie, un rythme et des activités saines pour tou.te.s, pour aujourd’hui et pour demain. »

Un rassemblement sécurisé de soutien à Charlotte Rots a été organisé lundi 18 mai devant le CHD à l’appel d’Attac Flandre.

Déclaration lue par Charlotte Rots dans cette vidéo

  • Source : Didier Harpagès pour Reporterre
  • Photo : Charlotte Rots (DR)





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