Il faut en finir avec le PS

Durée de lecture : 2 minutes

30 mars 2015 / Hervé Kempf (Reporterre)

Jusqu’à quand va-t-on parler de « la gauche » à propos du PS ? Jusqu’à quand cette immense tromperie va-t-elle se poursuivre ? Jusqu’à quand va-t-on confondre les électeurs « de gauche » avec le parti vers lequel ils portent leurs voix - de moins en moins, certes - parce qu’évidemment, on ne peut pas voter pour le Front national et pas davantage pour l’UMP ?

Il est temps, alors qu’une fois de plus, le gouvernement présidé par M. Hollande vient de prendre une déculottée électorale et d’ouvrir grandes les portes du pays au binôme Front National-UMP, de mettre un terme au hold-up opéré par les fidèles domestiques du néo-libéralisme sur « le peuple de gauche » - et sur les écologistes. De dire que le PS est devenu l’obstacle au renouveau de la politique, à une transformation écologique de la France et de l’Europe, à un avenir qui ne serait pas celui des matraques et de la chasse aux immigrés.

Est-il besoin de rappeler la politique constamment favorable aux grandes entreprises et aux banques menée par les gouvernements de MM. Ayrault et Valls sous la houlette de François Hollande ? La soumission sans broncher aux diktats d’une Commission présidée maintenant par l’ex-premier ministre du premier paradis fiscal du monde ? Une politique agricole soumise aux intérêts du président d’une multinationale agro-alimentaire, Avril-Sofiproteol ? L’acceptation sans hésiter du traité de libre-échange transatlantique, dit TAFTA ? Un assaut continu contre toutes les normes et règles environnementales ? L’obstination à imposer des grands projets inutiles, à Notre Dame des Landes, à Roybon, à Sivens ? L’usage délibérément violent d’une police contre les mouvements sociaux, et l’homicide d’un jeune militant écologiste ?

Le gouvernement n’est pas de gauche. Le PS n’est pas de gauche. Ce parti est devenu le supplétif du néo-libéralisme. Il est nuisible. Il a passé son temps historique. Il est temps d’en finir avec le PS.

La grande convulsion de l’époque

Notre époque est entrée en convulsion. Elle vit la sortie d’une révolution industrielle qui aura duré trois siècles, qui aura bouleversé le monde, mais dont les apports incontestables à l’humanité s’appuient sur un saccage écologique qui menace la possibilité d’une paix durable. Il s’agit de transformer notre relation à la nature, de combler l’inégalité insupportable qui divise l’humanité, d’apprendre la modération matérielle indispensable pour que neuf milliards d’humains co-existent en bonne entente.

Cette grande transformation forme le fond des choix politiques que nous avons à opérer. Elle est difficile. Et au fond, deux voies seulement s’offrent à nous : la voie écologique, et la voie du refus de la mutation. Il est clair que le PS a choisi cette deuxième voie. Et que l’espoir est du côté de l’écologie.

Malgré leur faiblesse politique, les écologistes représentent l’avenir. Ils doivent faire les bons choix. Qui passent aujourd’hui, en France, sur le plan politique, par la rupture avec le PS.


Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La crise écologique ne bénéficie pas d’une couverture médiatique à la hauteur de son ampleur, de sa gravité, et de son urgence. Reporterre s’est donné pour mission d’informer et d’alerter sur cet enjeu qui conditionne, selon nous, tous les autres enjeux au XXIe siècle. Pour cela, le journal produit chaque jour, grâce à une équipe de journalistes professionnels, des articles, des reportages et des enquêtes en lien avec la crise environnementale et sociale. Contrairement à de nombreux médias, Reporterre est totalement indépendant : géré par une association à but non lucratif, le journal n’a ni propriétaire ni actionnaire. Personne ne nous dicte ce que nous devons publier, et nous sommes insensibles aux pressions. Reporterre ne diffuse aucune publicité ; ainsi, nous n’avons pas à plaire à des annonceurs et nous n’incitons pas nos lecteurs à la surconsommation. Cela nous permet d’être totalement libres de nos choix éditoriaux. Tous les articles du journal sont en libre accès, car nous considérons que l’information doit être accessible à tous, sans condition de ressources. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable et transparente sur la crise environnementale et sociale est une partie de la solution.

Vous comprenez donc sans doute pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

Lire aussi : EDITO - L’alliance ou le fascisme

Source : Hervé Kempf pour Reporterre

Image : Ylea

THEMATIQUE    Politique
21 février 2020
Qu’est-ce que l’écologie du XXIe siècle ?
1 minute, 1 question
21 février 2020
Fermeture de Fessenheim : après la centrale, le saut dans le vide
Reportage
20 février 2020
L’écologie au pouvoir : bilan d’un mandat à Grenoble
Reportage


Sur les mêmes thèmes       Politique





Du même auteur       Hervé Kempf (Reporterre)