La ministre de l’Agriculture à un dîner de l’extrême droite ? Pas un problème pour le gouvernement
La ministre de l'Agriculture Annie Genevard à l'Élysée le 27 mai 2026. - © Serge Tenani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
La ministre de l'Agriculture Annie Genevard à l'Élysée le 27 mai 2026. - © Serge Tenani / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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Une membre du gouvernement à un déjeuner organisé par une figure de l’extrême droite, ça fait désordre. Le 21 mai 2026, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a participé à un déjeuner organisé par l’Institut de l’espérance, un cercle de réflexion d’inspiration chrétienne créé pour influencer l’élection présidentielle de 2027 et lié à l’écosystème médiatique de Vincent Bolloré. L’événement s’est tenu au siège du groupe Vivendi, dont le principal actionnaire est le groupe Bolloré, via ses holdings.
Ce repas a réuni une centaine de convives issus des milieux économiques et associatifs. Parmi eux, François Durvye, conseiller économique proche de Jordan Bardella et ancien collaborateur de Pierre-Édouard Stérin, le général Pierre de Villiers, frère de l’homme politique et fondateur du Puy du Fou Philippe de Villiers, ainsi que Xenia Fedorova, ex-directrice de Russia Today France et figure de CNews proche du Kremlin.
L’invitation aurait été transmise par Stanislas Billot de Lochner, organisateur des « dîners des bâtisseurs », des rencontres réunissant décideurs et responsables catholiques, et cofondateur des soirées caritatives conservatrices La Nuit du Bien Commun avec Pierre-Édouard Stérin.
Annie Genevard indique avoir répondu à une invitation personnelle et affirme que sa participation relève d’une démarche strictement privée et non politique. Cette démarche est cependant en cohérence avec les prises de position conservatrices de l’ex-Les Républicains (LR) : opposition au mariage pour tous et à la PMA, abstention sur l’inscription de l’IVG dans la Constitution, ligne dure sur l’immigration.
Cette participation « fait honte à la République », a réagi le député (La France insoumise) de Seine-Saint-Denis Thomas Portes. « Elle doit s’expliquer de ces liens avec le principal promoteur de l’union des droites », a critiqué la députée (Les Écologistes) du Val-de-Marne Sophie Taillé-Polian.
Interrogée à ce sujet, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a répondu que le gouvernement n’était pas au courant de cette invitation et qu’Annie Genevard était « libre de participer aux déjeuners ou aux dîners avec qui elle souhaite », tant qu’elle le fait « à titre personnel ».