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EnquêteMines et métaux

Imerys, le groupe minier français, est accusé de pollutions et d’escroquerie

À Glomel (Côtes-d'Armor), le groupe Imerys, une multinationale française, exploite de l'andalousite. Le groupe minier est sous le feu des critiques : il est accusé d’avoir « floué de bout en bout » un fonds d’investissement étasunien, qui lui a racheté des mines au Brésil.

Alors que la construction d’une mine de lithium est en projet dans le centre de la France, Imerys est poursuivi devant le tribunal de commerce de Paris pour ses activités... au Brésil.

En France, Imerys se positionne comme faisant partie des « leaders du secteur minier en matière de durabilité ». Avec le projet d’ouverture d’une mine de lithium destinée à la production de batteries électriques, dans le sud du département de l’Allier, la multinationale, héritière de la branche métal du groupe Rothschild fondée en 1880, est devenue la vitrine de la relance minière dans l’Hexagone.

Au moment où débute l’enquête publique sur l’ouverture de cette mégamine française, le scandale entourant un complexe minier amazonien rattrape la multinationale. Depuis début février, a révélé le magazine Challenges, Imerys est poursuivi par un fonds d’investissement étasunien, le groupe Flacks, pour « dissimulation frauduleuse ». Selon Flacks, contacté par Reporterre, l’entreprise aurait vendu ses exploitations de kaolin en dissimulant qu’elles seraient à l’origine d’un « désastre humanitaire » dû aux « mauvaises pratiques de l’entreprise minière ». La première audience se tiendra le 3 avril au tribunal de commerce de Paris.

L’affaire nous emmène en Amazonie, dans l’État du Pará, dans le nord-est du Brésil. Depuis 1996, Imerys y exploite des mines de kaolin — un minéral blanc utilisé entre autres pour produire des pigments qui font briller le papier et les emballages — dans la forêt tropicale. Deux pipelines de 200 kilomètres l’acheminent jusqu’à Barcarena, une ville de 125 000 habitants à l’embouchure du fleuve Amazone, où l’entreprise exploitait encore il y a peu un terminal portuaire et deux usines de transformation.

«  On veut la justice, Imerys dehors  !  » Rencontre d’habitants à Barcarena juste après l’incendie de l’entrepôt d’Imerys en décembre 2021. Rapport de l’assemblée législative du Pará

Imerys cherche-t-il à échapper aux conséquences de sa pollution ?

En juillet 2024, Imerys a vendu à Flacks ces sites de production regroupés au sein d’une nouvelle filiale baptisée Artemyn. Une semaine après la signature, le 12 juillet, les autorités de l’État ont informé Flacks qu’elles venaient de faire fermer les mines de kaolin : Imerys n’a pas respecté les droits des populations amazoniennes et n’avait plus d’autorisation environnementale.

Le fonds d’investissement accuse Imerys de l’avoir « floué de bout en bout » en dissimulant la situation. Ce dernier affirme avoir cédé ces actifs pour « concentrer sa stratégie sur des marchés de spécialité comme la transition énergétique ». Mais le groupe Flacks se dit « totalement convaincu » qu’Imerys cherche en fait à échapper aux conséquences de ses trente ans d’activité au nord-est du Brésil.

« Toute vie aquatique a disparu »

« Ce qui est surprenant, c’est que les installations d’Imerys n’aient pas été mises à l’arrêt plus tôt », dit Marcel Hazeu, chercheur en sciences de l’environnement, interrogé par Reporterre. Responsable du groupe de recherche Société, territoire et résistance en Amazonie, rattaché à l’Université fédérale de Pará, il documente depuis douze ans avec son équipe les « crimes socio-environnementaux » de l’entreprise. Imerys a causé plus de vingt accidents en vingt ans. L’entreprise est visée par 169 plaintes pour pollution, infraction au droit du travail ou non-respect des droits des peuples autochtones.

Pollution des eaux après la rupture d’un oléoduc qui transporte du kaolin vers l’usine de traitement, en 2011. Laquanam / Université fédérale du Pará

À Barcarena, le quartier de Vila do Condé est traversé de toutes parts par les rivières et habité depuis des siècles par des ribeirinhos, des communautés traditionnelles de pêcheurs installées dans des maisons sur pilotis sur les rives. Certaines sont des quilombos, fondées par d’anciens esclaves africains qui ont combattu et fui les plantations. D’autres sont habitées par des peuples autochtones. Depuis l’arrivée d’Imerys, ces communautés vivent parfois à quelques centaines de mètres d’immenses barrages où ses deux usines — Rio Capim Caulim et Pará Pigmentos — déversent leurs déchets, des résidus semi-liquides issus de la transformation du kaolin.

Régulièrement, les rivières et les fleuves de Barcarena deviennent blancs et des poissons flottent à la surface. Aux fuites et débordements peuvent s’ajouter des ruptures de barrages : en 2007, quand l’une des digues retenant les résidus s’est rompue, ce sont plus de 200 000 m3 d’eaux contaminées ont déferlé dans les cours d’eau. En mai 2014, le ministère public de l’État a recensé cinq déversements accidentels en moins de quinze jours.

Des « éléments toxiques » dans les rivières

« Étant donnés tous les accidents d’Imerys, on peut considérer les rivières Dendê et Curuperé comme impropres à toute activité humaine », a résumé Simone Pereira, chimiste à l’Université fédérale du Pará, interviewée par Reporterre. Son laboratoire de chimie environnementale (Laquanam) a été appelé à plusieurs reprises pour analyser l’eau après des déversements.

« Imerys nie ses dégâts en répétant que le kaolin est “inerte” [il ne subit aucune modification dans le temps] et “non dangereux”, explique-t-elle. Mais à cause de l’acide sulfurique utilisé dans le traitement, ces effluents sont très acides, ce qui fait disparaître toute vie aquatique. Ils contiennent aussi des éléments toxiques, comme le baryum », dont l’exposition chronique peut provoquer des maladies respiratoires et artérielles.

Une coulée de résidus toxiques causée par la rupture de la digue d’un bassin, en 2007.

Depuis 2007, après chaque accident, le ministère public de l’État du Pará ordonne à Imerys de prendre des mesures immédiates pour sécuriser ses installations et de fournir de l’eau et de la nourriture aux communautés. En 2007, selon Simone Pereira, Imerys s’est contenté de forer un puits — sans traiter l’eau. « Après analyse, nous avons constaté que l’eau fournie par l’entreprise n’était pas potable », dit la chimiste. Qui a signalé plusieurs fois qu’Imerys n’a jamais installé de système pour traiter les métaux lourds dans ses rejets, déversés directement dans le fleuve Pará.

En octobre 2016, quand les rivières ont de nouveau viré au blanc, le ministère public de l’État a constaté qu’Imerys avait tenté de dissimuler l’accident, en ne communiquant qu’après y avoir été obligé par l’alerte donnée par les habitants. Il notait aussi, qu’« à nouveau, la société Imerys a présenté de fausses informations sur les causes et les conséquences de la fuite, ce qui aggrave le problème du manque de fiabilité de son fonctionnement » [1].

D’après une enquête de l’Observatoire des mines, à la suite de ce nouvel accident, le procureur de l’État a demandé la suspension de ses activités, sans l’obtenir.

Catastrophe chimique

Le 6 décembre 2021, vers 20 heures, les habitants de Barcarena ont entendu une détonation provenant du quartier de Vila do Conde et observé une colonne de fumée noire monter d’un entrepôt de l’usine Imerys Rio Capim Caulim. Pendant toute la nuit, la ville s’est retrouvée prisonnière d’un nuage de fumée toxique. « Nous ne pouvions pas respirer, nous avions très mal à la tête, nous ne savions pas où nous réfugier », a témoigné un habitant cité par l’ONG d’investigation Sumaúma lors d’un procès en octobre 2023.

Une trentaine de personnes ont été hospitalisées, une centaine a reçu des soins médicaux. L’incendie aurait été causé par les mauvaises conditions de stockage d’un produit chimique utilisé pour purifier le kaolin : l’hydrosulfite de sodium. Il s’enflamme au contact de l’air humide, explose au contact de la chaleur et dégage un gaz toxique.

Imerys n’a pas reconnu sa responsabilité pour les conséquences de ce qu’elle a qualifié de « début d’incendie ». Ainsi se conclut l’enquête parlementaire menée après l’accident par l’Assemblée législative de l’État du Pará : « Nous pouvons affirmer sans crainte que l’entreprise Imerys Rio Capim Caulim S/A est absolument incapable de respecter la réglementation. » Elle ne disposait d’aucun plan d’urgence pour un accident chimique et n’avait pas prévu, « ne serait-ce qu’en une ligne, des mesures de prévention, de protection, de communication et de sauvetage pour les populations environnantes », notent les députés, qui recommandent la suspension de toutes les activités de l’entreprise. Quarante-trois plaintes ont été déposées par des habitants et le ministère public de l’État a engagé des poursuites.

Imerys préparait discrètement son départ

Avant même l’incendie, Imerys avait commencé à préparer son départ. Fin décembre 2021, l’avocat Ismael Moraes, spécialisé en droit de l’environnement, révélait dans le journal Ver o Fato qu’Imerys avait, dès septembre, « discrètement fermé » l’une de ses deux mines de kaolin et débranché son pipeline. Quelques mois plus tôt, le secrétariat d’État à l’environnement avait suspendu l’autorisation de cette même mine, en raison « de l’énorme dévastation environnementale dans les municipalités d’Ipixuna et de Paragominas, où des dizaines de gigantesques fosses d’extraction abandonnées n’ont toujours pas été réhabilitées ».

Fin janvier 2022, des dirigeants français du groupe étaient allés à Barcarena pour négocier la vente du terminal portuaire avec « un grand groupe européen ». Ismael Moraes a lancé une action civile contre l’État du Pará pour qu’il empêche Imerys de partir en laissant une « importante dette fiscale » et « tout le passif de la déforestation, des fuites, de la contamination des rivières et de la destruction des sources dans les communautés indigènes et quilombolas ».

L’eau des puits après un déversement accidentel de kaolin. Laquanam / Université fédérale du Pará

La chercheuse Simone Pereira s’inquiète pour la sécurité de la dizaine de bassins de résidus qui resteront au milieu de l’agglomération de Barcarena : « Il y a déjà eu de graves accidents alors que le site était sous surveillance, alors imaginez ce que ce serait sans entretien. » Les habitants craignent une tragédie comme à Mariana (2015) puis à Brumadinho (2019), où des ruptures de digues minières ont entraîné des centaines de morts et détruit des écosystèmes entiers. « La solution au problème serait de retirer ce matériau du sol de l’Amazonie, peut-être en l’envoyant quelque part en France », suggère Pereira.

Lire aussi : Mine de lithium dans l’Allier : « Ne nous parlez pas de sauver le climat ! »

Contacté par Reporterre, le groupe Imerys a répondu qu’il « n’entend pas s’engager dans un dialogue improductif et alimenter des polémiques stériles ». En mars 2024, il s’est expliqué sur ses activités amazoniennes lors du tout premier débat public organisé autour du projet de mine de lithium en France. Répondant à une habitante qui s’interrogeait sur la « pollution au Brésil », Guillaume Delacroix, directeur général d’Imerys Europe, a déclaré : « Effectivement, il y a une dizaine d’années, un de nos bassins de décantation contenant du kaolin, une substance inerte, a débordé dans les ruisseaux. Ce que je peux vous dire, madame, c’est que nous avons pour chacun des incidents environnementaux un plan d’action proportionné, et des moyens derrière pour que cela ne se reproduise pas. »

Le courriel de notre journaliste, reproduit in extenso ci-dessous, suivi de la réponse d’Imerys. Bonjour,

Dans le cadre d’un article pour le média de l’écologie Reporterre, je souhaite interroger un ou une porte-parole d’Imerys sur la vente de sa division "Artemyn" et les poursuites entamées par le fonds Flacks Group.

Par avance, je vous remercie du temps que vous accepterez de consacrer à nos questions pour éclairer la situation. Ces réponses peuvent être apportées par mail ou au moyen d’un entretien téléphonique, à votre convenance ce jeudi ou vendredi à toute heure.

Ma deadline est ce lundi 3 mars à 10:00.

Voici les points que nous souhaitons aborder qui concernent tous les activités de la branche kaolin d’Imerys dans l’Etat brésilien du Parà : Rio Capim Caulim et Parà Pigmentos.

Au moment de la vente d’Artemyn en juillet 2024, le groupe Flacks a-t-il eu connaissance des litiges opposant Imerys aux communautés de Vila do Condé, de Moju, Tome-Açu et Acar, et des dizaines de plaintes déposées au sujet des pollutions causées par le site et des conditions
de travail par les entreprises sous-traitantes ?

D’après nos informations, en 2016, le Ministério Público do Estado do Parà a recommandé la suspension des activités d’Imerys, affirmant que suite à une fuite et une contamination des aux, l’entreprise avait fourni de fausses informations aux organismes d’inspection
environnementale et aux procureurs. Qu’en est-il ?

Suite à l’incendie de décembre 2021 à Barcarena et de la pollution chimique dégagée dans l’atmosphère, une enquête parlementaire a été ouverte, concluant qu’Imerys ne disposait pas de "plan d’urgence" contenant des" mesures de prévention, de protection, de communication
et de sauvetage pour les populations environnantes. » contrairement à la réglementation". Ce rapport demandait également la suspension des activités d’Imerys à Barcarena. Est-ce le cas ?

Quelle est la cause de cet incendie survenu en décembre 2021 dans l’entrepôt de l’usine Imerys à Barcarena ?

Suite aux conséquences de cet incendie sur la santé de la population de Barcarena, Imerys a-t-il indemnisé les habitants ayant présenté des symptômes ou été pris en charge par les services de santé ? Que deviendront la quarantaine de plaintes déposées par ces habitants
compte tenu de la cession des activités ?

Est-il vrai que le groupe Imerys, dans l’Etat brésilien du Parà, a construit des pipelines à travers des communautés traditionnelles dans les municipalités de Moju, Tome-Açu et Acará sans leur consentement préalable et que ces installations ont régulièrement connu des fuites ?

Des concentrations importantes de minéraux tels que le baryum et l’aluminium ont été mesurées par des scientifiques indépendants en aval des mines de kaolin d’Ipixuna. En quoi consistait le système de traitement des eaux opéré par le groupe sur ce site ? À quelle date a-t-il été mis en place ? A-t-il été amélioré sur aux mesures de contaminants ? Imerys a-t-il mené des opérations de dépollution avant la cession de ces installations à un autre groupe ?

D’après nos informations, le traitement du kaolin dans la commune de Barcarena et Ipixuna a généré une grande quantité de résidus stockés dans 6 complexes de barrages, et ces derniers ont été à l’origine de plusieurs déversements ayant occasionné des contaminations des cours
d’eau voisins. Est-ce bien le cas ?

Est-il vrai qu’en 2007 et 2014, suite à des déversements accidentels de résidus ayant causé des pollutions, Imerys a signé avec les autorités brésiliennes des plans d’ajustement de conduite (TAC) obligeant le groupe à distribuer de l’eau et des moyens de subsistance
aux communautés touchées par les pollutions ?

Au moment de la vente, le groupe Flacks a-t-il été prévenu des investissements nécessaires pour sécuriser les barrages retenant les résidus de traitement de kaolin qui ont connu de nombreuses défaillances ces dernières années ? Afin de protéger les populations environnantes, a-t-il été demandé au groupe acquéreur de fournir des garanties en matière d’entretien et de sécurisation des digues de bassins de résidus ?

Le groupe Imerys a-t-il voulu vendre ses actifs que sont les mines d’Ipixuna et les usines de Barcarena en raison des nombreuses plaintes déposées par les populations voisines de ses mines, de ses pipelines et de ses usines de traitement, et donc de l’importance croissante des
conflits avec les populations locales, comme l’affirme le groupe Flacks ?

Nous vous remercions pour votre temps et vous souhaitons une bonne fin de semaine.

Cdt,
Celia Izoard


Chère Madame,

Nous avons bien pris connaissance de votre message. La liste des « points » que vous indiquez souhaiter aborder nous semble, tant sur le fond que sur la forme, inspirée de propos partisans.

Imerys n’entend pas s’engager dans un dialogue improductif et alimenter des polémiques stériles, d’autant que nos efforts d’explications et de pédagogie lors de nos précédents échanges ont systématiquement résulté sur une reprise incomplète, partielle et partiale de votre part.

Imerys a toujours veillé au respect de toutes les réglementations en vigueur partout où il exerce ses activités, ainsi qu’à la préservation de l’environnement et des droits des populations. Imerys a toujours été extrêmement attentif à l’impact de ses activités sur les populations environnantes et l’écosystème de ses sites et coopère avec le plus grand sérieux et en liens étroits et de manière transparente avec les autorités compétentes en cas d’incidents.

Imerys n’entend en outre évidemment pas commenter la procédure qui l’oppose au Groupe Flacks. Ainsi qu’elle l’a déjà indiqué à plusieurs reprises, elle considère que l’ensemble des allégations formulées à son encontre sont gravement mensongères et fera valoir ses droits devant la juridiction saisie.

Dans le cadre de l’opération de cession d’une partie de ses activités au Groupe Flacks, des processus de due diligence parfaitement classiques ont naturellement été mis en œuvre, de sorte que l’acquéreur a été parfaitement informé à tous égards.

Nous serons par conséquent particulièrement vigilants face à tous propos qui seraient mensongers et susceptibles de porter atteinte à notre réputation.

Cordialement.

Mathieu Gratiot

Media and Crisis Communication Director

Le 7 avril 2025, la direction d’Imerys, par la voix de son directeur général Alessandro Dazza, a envoyé un droit de réponse à Reporterre :

« L’article paru le 6 mars 2025 sur le site www.reporterre.net, intitulé « Imerys, le groupe minier français, est accusé de pollutions et d’escroquerie », rapporte, notamment sous la forme d’interviews, des accusations d’une particulière gravité à l’encontre d’Imerys. Ces allégations sont fausses.

Imerys, acteur industriel international qui opère sur le marché de l’extraction et de la transformation des minéraux depuis plusieurs décennies et qui emploie 12 400 personnes dans le monde, tient à apporter les précisions suivantes en réponse à ces allégations. Imerys a toujours veillé au respect de toutes les réglementations en vigueur partout où elle exerce ses activités, ainsi qu’à la préservation de l’environnement et des droits des populations. Elle a toujours été extrêmement attentive à l’impact de ses activités sur les populations environnantes et l’écosystème de ses sites et a toujours coopéré avec la plus grande diligence en lien étroit et de manière transparente avec les autorités compétentes.

Lorsque de rares incidents liés à ses activités ont pu survenir, Imerys les a systématiquement traités avec la plus grande rigueur, quelle que soit leur nature, en mettant en œuvre des procédures permettant d’en identifier les origines et de collaborer avec les autorités locales, afin d’en limiter les impacts, de garantir la sécurité de ses employés et des communautés voisines et d’éviter tout risque de reproduction. Ces procédures ont toujours été appliquées dans le respect des réglementations et des exigences de sécurité les plus strictes.

Imerys est présente au Brésil depuis 1996, notamment dans le district industriel de Barcarena qui a été créé en 1977, bien avant son arrivée. En près de trois décennies, Imerys n’a déploré que de rares incidents au Brésil, systématiquement pris en charge immédiatement et en coopération avec les autorités locales.

Contrairement à ce qui est affirmé dans l’article, l’incident survenu en 2007 en raison de la rupture partielle d’un bassin de retenue d’eau ne s’est absolument pas traduit par une quelconque injonction du ministère public de l’Etat du Para, mais au contraire par la conclusion d’un accord aux termes duquel tant qu’Imerys que la collectivité ont contracté des engagements réciproques, celui ayant trait au traitement de l’eau ayant vocation à être assumé par la municipalité seule.

Strictement aucun incident n’a jamais été « dissimulé » par Imerys, celui survenu en octobre 2016 évoqué dans l’article ayant été déclaré à l’agence environnementale le jour-même. Il n’y a par ailleurs jamais eu d’ « explosion » ou de « catastrophe chimique » en décembre 2021 à Barcarena, mais exclusivement un départ d’incendie lié à la combustion d’un produit stocké dans un entrepôt, qui a été maîtrisé très rapidement sans susciter le moindre blessé et qui a donné lieu, là encore, à une collaboration et coopération permanente avec les autorités.

A l’occasion de chaque incident, Imerys a toujours fait preuve d’une transparence totale, en collaborant avec les autorités locales et en mettant en œuvre toutes les mesures nécessaires pour remédier aux désordres susceptibles d’avoir été occasionnés. Des audits ont par ailleurs systématiquement été mis en œuvre pour évaluer l’efficacité des actions entreprises. Il est donc inacceptable d’imputer à Imerys des griefs de négligence ou de dissimulation à cet égard.

Enfin, contrairement à ce que suggère le titre de l’article, Imerys n’a strictement jamais été assignée ou poursuivie et a fortiori condamnée pour « escroquerie ». Les procédures judiciaires qui l’opposent actuellement au groupe Flacks sont des actions en responsabilité contractuelle, qui ont pour origine et pour objet le refus du groupe Flacks de procéder au paiement du prix convenu pour l’acquisition de certains actifs.

Dans le cadre de l’opération de cession d’une partie des activités d’Imerys au Groupe Flacks, des procédures d’audits parfaitement classiques ont été mises en œuvre, de sorte que (i) l’acquéreur a été parfaitement informé à tous égards et que (ii) ses griefs de « dissimulation » sont entièrement infondés.

Imerys a toujours entretenu des relations empreintes de confiance, de loyauté et de transparence avec tous ses partenaires et clients, ce qui motive précisément sa détermination à défendre et protéger son image.

Le travail quotidien des milliers d’employés d’Imerys dans le monde est exemplaire, mené dans le respect de toutes les réglementations et des plus hauts standards de sécurité et de respect de l’environnement, en étroite collaboration avec les autorités compétentes pour prévenir et gérer tout éventuel incident de façon responsable et transparente.

Nous ne pouvons laisser, ni le média Reporterre, ni Madame Celia Izoard, ni les représentants du groupe Flacks, porter atteinte à notre honneur et à notre réputation au moyen de graves travestissements de la réalité ».



La réponse de notre journaliste Celia Izoard :

« Reporterre rappelle que cet article s’appuie sur :

1) des rapports parlementaires,
2) des analyses scientifiques indépendantes effectuées par le laboratoire de chimie environnementale de l’Université fédérale de Pará,
3) des enquêtes détaillées menées par plusieurs organismes tels que le groupe recherche indépendant “Société, territoire et résistance en Amazonie” rattaché à l’Université fédérale de Pará qui étudie les pratiques d’Imerys et d’autres multinationales de l’extraction dans cet État du Brésil depuis douze ans.

Ces pratiques ont aussi fait l’objet au cours de ces dernières années de plusieurs publications à l’étranger telles que celle de l’Observatorio da Mineracao (en brésilien) ; celle de l’ONG d’investigation Sumaúma (en anglais) ; celles du Business & Human Rights Resource Center (en anglais) et celles de l’ONG de protection de l’environnement Mongabay (en anglais). Ces pollutions et ces violations des droits des populations locales ont donné lieu en 2018 à un film documentaire, It ‘Tasted’ Like Perfume : Environmental Crimes in Northern Brazil. Par ailleurs, l’entreprise Imerys a comme toujours été contactée au moment de la rédaction de cet article et n’a pas souhaité s’exprimer. »

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