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En brefSanté

Infertilité, malformations fœtales, thyroïde... L’Anses alerte sur le lithium, une « substance extrêmement préoccupante »

Des mineurs manipulent des pierres contenant du lithium sur un site minier de Gidan Kwano, au Nigeria, le 23 janvier 2025.

Reins, thyroïde, troubles de la fertilité masculine, malformations fœtales... La dangerosité du lithium, utilisé dans la fabrication des batteries et certains médicaments, se confirme. Le 16 avril, l’Anses a rendu public un avis sur les effets néfastes de ce minerai et de trois de ses sels — carbonate, chlorure et hydroxyde de lithium — sur la santé. Elle recommande leur classification comme « substance extrêmement préoccupante », perturbateur endocrinien et toxique pour les organismes aquatiques dans le règlement européen CLP (classification, étiquetage et emballage).

Les traitements au lithium concernent notamment les personnes atteintes de troubles bipolaires et la prise et les dosages sont extrêmement surveillés et accompagnés par les professionnels de santé.

Travailleurs exposés

Sur la base de cette revue de littérature et en plus du nouveau classement du lithium, l’Anses a proposé trois valeurs toxicologiques de référence (VTR) pour des expositions chroniques (orale, respiratoire et sanguine) [1]. La plupart des études ayant été menées sur l’exposition au lithium sous forme de médicament, elle préconise de nouvelles recherches sur les conséquences d’une exposition environnementale et une surveillance et une protection accrues des travailleurs exposés.

Actuellement, 3 000 personnes travaillent dans des usines de batteries en France, avec un objectif de 13 000 emplois d’ici 2030. Par ailleurs, le groupe Imerys porte un projet de mine de lithium controversé à Échassières dans l’Allier, et plusieurs permis de recherche ont été accordés pour des projets miniers dans le Bas-Rhin et la Haute-Vienne. Dans le monde, la course au lithium assoiffe de nombreux villages et paysans, comme en Bolivie.

En décembre 2019, déjà, l’Anses proposait à l’Echa, l’Agence européenne des produits chimiques, une classification CLP pour trois sels de lithium comme toxiques pour la reproduction. À ce stade, la classification est en cours d’examen au niveau européen, sans décision définitive.

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