Initiation au marcottage dans un jardin ensauvagé

Durée de lecture : 2 minutes

24 septembre 2016 / Christine Laurent (Reporterre)

En ce début d’automne, le jardin sans pétrole n’a plus grand-chose à voir avec le lieu tracé au cordeau et désherbé qu’il était naguère. Mais, sous la végétation accumulée, que de ressources prometteuses !

Ciel gris, humidité dans l’air, odeur d’automne, Léonie préférerait aller ramasser des châtaignes mais c’est un peu tôt ! Pour l’en convaincre, nous empruntons un chemin forestier qui débouche sur les deux cerisiers septuagénaires encadrant la porte du jardin. Un angle de vue rassurant où s’impose la géométrie du lieu, vestige d’un jardinage au cordeau avec allée de graviers et plates-bandes désherbées… En cette fin d’été, on sent un peu désemparé devant le spectacle des ronces avec lesquelles il nous faut composer, avec l’enchevêtrement des planches de cultures où se mélangent arbustes, vivaces et annuelles usées par l’été, avec les tiges des courges qui ont galopé dans tous les sens sur près d’un quart de la surface du potager.

En s’approchant, sous la végétation jaunie, ce que recèle le potager est pourtant encourageant. Les piments de Cayenne sont magnifiques : une dizaine de fuseaux bien rouges que nous coupons délicatement avec le sécateur pour ne pas risquer d’abîmer les plantes qui portent encore des fruits verts. Nous cueillons encore plein de tomates et nettoyons les pieds des feuilles noircies. Dans notre panier, nous plaçons deux belles courgettes, une belle poignée de haricots et des carottes.

Le romarin officinal.

Il n’est pas trop tard pour semer de la roquette, des cressons, des chicorées, des navets et des radis noirs. C’est aussi le moment de donner vie à un mot dont l’évocation m’a jusqu’à aujourd’hui renvoyée à une technique pour jardinier expérimenté. Il s’agit de marcotter, de réaliser des marcottes, bref de créer une nouvelle plante à partir d’un pied mère en utilisant la stratégie de reproduction naturelle qu’utilisent certaines plantes. Tels les fraisiers, dont les stolons, au contact de la terre, développent des racines et de nouvelles plantes. Ainsi, le marcottage est une méthode pour multiplier les végétaux par le développement de racines sur une tige, une version artisanale du clonage avec ses avantages et ses inconvénients. Disposer gratuitement de plusieurs pieds de romarin en enfouissant simplement les tiges les plus souples dans la terre pour ne laisser que l’extrémité à l’air libre est une aubaine. Mais, d’un point de vue de la diversité et de la résilience, les nouveaux pieds de romarin auront le même patrimoine génétique et seront tous identiques ! En cas de maladie, ils seront tous logés à la même enseigne. Nous pourrons toujours les offrir où les échanger.



Lire aussi : La chronique du Jardin sans pétrole

Source : Christine Laurent pour Reporterre

Photos : © Christine Laurent/Reporterre
. sauf : romarin : Köhler’s Medizinal-Pflanzen

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