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En brefJO 2024

JO de Paris : les taxis volants resteront finalement au sol

Le Volocity de Volocopter.

Comment créer une baudruche médiatique ? En proposant aux journalistes du monde entier de monter dans des « taxis volants » pendant les Jeux olympiques (JO) de Paris, pardi ! Avec un rendez-vous aussi fédérateur, le succès planétaire eût été assuré. Las, c’était sans compter l’absence d’une certification des moteurs, qui empêche toute démonstration au-dessus d’un Paris survitaminé par les Jeux.

Il n’y aura pas de taxi volant dans le ciel pendant les JO. Il y a quinze jours, alors qu’ils démarraient à peine, le gestionnaire d’aéroports Groupe ADP et la start-up aéronautique allemande Volocopter avaient promis des tests de leur prototype de taxi volant dans Paris intra muros. À quatre jours de la fin des Olympiades, ils annoncent qu’il n’y aura finalement aucun test « dans Paris ». Volocopter n’a finalement pas obtenu à temps une certification de l’Agence européenne de sécurité aérienne (AESA) pour accueillir des passagers. La faute à un sous-traitant américain qui « n’aurait pas fourni ce qu’il avait promis », selon le PDG de l’entreprise, Dirk Hoke. Les moteurs devant équiper l’engin prévu à Austerlitz ont dû être renvoyés aux États-Unis afin d’être contrôlés. Ils reviendront la semaine prochaine, c’est-à-dire bien après la fin des Jeux.

Cependant, les deux entreprises nous réservent une consolation de choix : assister à des démonstrations de vol, sans passager, les 8 et 11 août, à l’aérodrome de Saint-Cyr-l’École (Yvelines), à quelques centaines de mètres du parc du Château de Versailles, lieu des épreuves équestres.

Hostilité de la mairie de Paris

L’aéronef à deux places, dont celle du pilote, est équipé de batteries alimentant 18 rotors disposés en couronne au-dessus du cockpit, et s’avère bien plus silencieux qu’un hélicoptère, selon son constructeur. Depuis quelque temps, les responsables d’ADP préfèrent mettre l’accent sur l’utilité de ces engins pour effectuer des évacuations sanitaires, des transports d’organes ou d’objets plutôt que de parler de « taxis volants », symboles d’un mode de déplacement réservé à des gens triés sur le volet.

De fait, ce projet a rencontré l’hostilité des élus municipaux de Paris, de la majorité comme de l’opposition. La mairie, parlant d’une « aberration écologique », avait même contesté en justice l’arrêté publié le 9 juillet par le ministère des Transports et autorisant la création de l’« hélistation » d’Austerlitz jusqu’au 31 décembre « au plus tard ». En mai, le projet avait également suscité les foudres des militants d’Extinction Rebellion, qui avaient repeint la façade en verre de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). « Les taxis volants sont la caricature d’un monde écocide et inégalitaire qui saccage l’intérêt général. » Une poignée d’entre eux avaient été placés en garde à vue.

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